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Résultats du questionnaire

La CPCN et le CS du CNRS se sont exprimés sur les dispositions attendues de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche, dispositions détaillées dans le diagnostic et propositions du Comité national votés à l'occasion de la session extraordinaire du 4 Juillet 2019. Un questionnaire en ligne pour manifester son soutien (et poster des reflexions, suggestions...) a été mis en ligne le 30 janvier 2020.

Questionnaire en ligne pour manifester votre soutien (et poster des reflexions, suggestions...)
https://www.c3n-cn.fr/survey/index.php/317533


Vous trouverez ci-dessous quelques analyse des résultats extraits le 2 avril 2020.
Le questionnaire reste ouvert pour recueillir d'autres avis et commentaires.


2368 réponses complétées

  • 2349 approuvent les propositions du Comité national
  • 19 n’approuvent pas les propositions
  • 240 personnes ont laissé des commentaires
  • 170 directeurs d'unité ont apporté leur soutien (liste)

Les commentaires laissés par 7 des 19 personnes qui n'approuvent pas, ne permettent pas de conclure quant à une opposition aux propositions pour autant.


Remarque méthodologique

Nous n'avons traité que les réponses complètes, c'est à dire celles pour lesquelles les personnes sont allées jusqu'à la dernière question. Comme les différentes rubriques n'étaient pas obligatoires les chiffres donnés ci-dessous n'ont pas toujours le même total. Par ailleurs nous avons constaté quelques doublons qui ont été retiré du décompte final.

Des réponses ont été retravaillées dans un souci d'harmonisation:

  • un grand nombre de professeurs et directeurs de recherche émérites ne s'est pas déclaré comme retraités ;
  • un certain nombre de de personnes s'est déclaré comme "post-doc" omettant de se déclarer comme chercheur·se·s ;
  • un certain nombre de doctorant·e·s s'est déclaré comme contractuel·le·s au lieu d'étudiant·e·s.

Ces faits reflètent des réalités sur le positionnement de ces trois catégories dans le milieu de la recherche.

Nous avons également regroupé dans "Autres" tous les statuts très divers qui ont été remontés par des personnes contribuant à la recherche scientifique qui ne se déclarent ni Chercheur·se·s, ni Enseignant·e·s-Chercheur·se·s, ni Ingénieur·e·s-Technicien·ne·s.

Statuts

2368 réponses complétées qui se répartissent comme suit. Le détail de ces différentes rubriques est donné en suivant.

  • 1980 Titulaires
  • 152 Etudiante·s
  • 123 Contractuel·le·s
  • 68 Retraité·e·s
  • 32 “Autres”
  • 14 Sans emploi

Titulaires (total 1980)

  • 949 Chercheur·se·s dont 833 CNRS et 18 Inria, 18 IRD, 15 Inraé, 8 Inserm, 6 CEA, 4 IFFSTAR - U Gustave Eiffel, 4 INRAP, 2 Ifremer, mais aussi AgroParisTech, CBRS, CSTB, CIRAD, ENTPE, Ecole des Ponts, FNSP, IGN, IRCAM et des Universités (Lyon, Sorbonne, Montpellier, Rennes)
  • 852 Enseignant-Chercheurs dont 33 se disent employés par le CNRS (détachement ?). Très grande diversités d’établissements. Forte présence de l'Ile-de-France.
  • 148 Ingénieur·e·s-Technicien·ne·s dont 116 CNRS mais aussi CEA, CNES, Inrap, INRIA, IRD, Universités, écoles, ministère de la culture

Etudiante·s (total 152)

136 doctorant·e·s
(7 des doctorant·e·s se sont déclarés comme sans emploi, 2 comme titulaires du ministère de la culture)

Contractuel·le·s (total 123)

  • 72 Chercheur·se·s (15 se disent "post-doc")
  • 16 Enseignant·es-chercheur·se·s (2 précisent ATER)
  • 27 Ingénieur·e·s-Technicien·ne·s

Retraité·e·s (total 68)

  • 28 étaient Chercheur·se·s
  • 29 étaient Enseignant·e·s-Chercheur·se·s
  • 30 sont Emérites

Sans emploi (total 14)

  • 10 Chercheur·se·s
  • 2 Enseignant·e·s-Chercheur·se·s
  • 1 Autre (docteur sans emploi)

Autres statuts (total 32)

Salarié, Professeur agrégé dans le secondaire, chargé de cours, Chercheur associé, Chercheur indépendant, salarié du privé, Fonctionnaire stagiaire, Permittente de la recherche, Enseignant associé, Post-doctorat sans contrat, Enseignante dans le secondaire, Formateur, Auto-entrepreneuse, Associée, Détaché de l'Educ. Nat., Fonction publique territoriale, CDI, Titulaire Culture, détachée, Archéologue Inrap, Chargé d'opération et de rechercher - archéozoologue, Conservateur, Conservateur - Chercheur associé, Conservateur du patrimoine, Enseignant.e, PRAG, PRCE, Professeur, Professeur agrégé (recherche en parallèle), Professeur des écoles


Directeurs d'Unité soutenant les propositions du Comité national

Ci-dessous, la liste des réponses dans lesquelles les personnes ont dit être directeurs d'unité. Liste dans un ordre aléatoire.

ENCRENAZ    Emmanuelle    UFR d'ingénierie Sorbonne Université
Boisserie    Etienne    CREE
Vialette    Stéphane    LIGM
NICU    Liviu    LAAS
Tresse    Laurence    CRAL UMR 5574
Cottias    Myriam    LC2S (UMR 8053)/ CIRESC (USR 2002)
Delagnes    Anne    PACEA
Joulain    Karl    Institut P'. UPR 3346.
auradou    harold    FAST
Magniez    Frédéric    Institut de Recherche en Informatique Fondamentale (IRIF)
Ducard    Dominique    CEDITEC EA 3119
SERVIGNE    Syvie    GDR CNRS MAGIS
Perrin    Thomas    UMR5608 TRACES
ALLARD    Pierre    UMR 7055 Préhistoire et Technologie
Landy    Frédéric    Institut Français de Pondichéry
Pompanon    François    Laboratioire d'Ecologie Alpine
castell    fabienne    Institut de Mathématiques de Marseille
SOULEZ    Guillaume    IRCAV EA 185
Hamez    Grégory    LOTERR
ZEMBRI    Pierre    LVMT (UMR T9403)
FATH    SEBASTIEN    GROUPE SOCIETES RELIGIONS LAICITES (UMR 8582)
MASSONI    Anne    CRIHAM (EA 4270)
Pino    Thomas    Institut des Sciences Moléculaires d'Orsay
GRASSET    Fabien    UMI3629
Collignon    Béatrice    UMR 5319 Passages
pouliquen    Olivier    IUSTI
Barthel    Etienne    Sciences et Ingénierie de la Matière Molle
Kaiser-Arnauld    Laure    EGCE
Bellanger    Emmanuel    CHS
Jean-Marc    Berroir    Laboratoire de Physique de l'ENS (UMR8023)
stocchi    achille    UMR9012 , IJClab
Dillmann    Christine    UMR Génétique Quantitative et Evolution-Le Moulon
Rousseau    Antoine    LEMON
Molino    Jean_François    AMAP
GAFFET    Stéphane    Laboratoire Souterrain à Bas Bruit, LSBB UMS3538 Avignon Université, CNRS
Colot    Olivier    CRIStAL UMR 9189
FERNANDEZ DOMINGO    ENRIQUE    LABORATOIRE D'ETUDE ROMANES  LER EA 4385
Dulong    Melanie    UPR CIS
Ravy    Sylvain    Laboratoire de Physique des Solides d'Orsay
Faini    Giancarlo    C2N, UMR 9001
Rivoirard    Vincent    CEREMADE
GEORGES    Patrick    Laboratoire Charles Fabry
Boissavit-Camus    Brigitte    ARSCAN UMR7041
Taddei    Ilaria    LUHCIE
Rosset    Sophie    LIMSI
Galtier    Nicolas    Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier, UMR5554
MARI    Céline    Laboratoire d'Aérologie
GRASLAND    Claude    FR 2007 CIST  (Directeur)  / UMR 8504 Géographie-cités (Membre)
Musiani    Francesca    UPR 2000 Centre Internet et Société
Merel    Loïc    Institut de Mathématiques de Jussieu-Paris Rive Gauche
Roux    Sophie    République des savoirs
Cessou    Armelle    CORIA UMR6614
viasnoff    virgile    UMI3639
Gilbert    Franck    Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement (EcoLab)
FREUND    Jean-Noël    IRFAC
Aymes    Marc    CETOBaC
Chauveau    Christian    ICARE
balzani    bernard    Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (EA 3478)
LECOCQ    Franck    CIRED
HASBROUCQ    Thierry    Laboratoire de Neurosciences Cognitives, UMR 7291
Vienne-Guerrin    Nathalie    IRCL, Institut de Recherche sur la Renaissance, l'âge Classique et les Lumières (UMR 5186 CNRS/Université Paul-Valéry Montpellier 3)
COSTA    François    La boratoire des systèmes et applications des technologies de l'information et de l'énergie SATIE UMR 8029
KLEIDER    Jean-Paul    GeePs
papinot    christian    Gresco (ex-EA 3815)
ZETLAOUI-LEGER    Jodelle    Umr Cnrs Lavue
Lamarche    Thomas    UMR Ladyss
GUINET    Christophe    CEBC, UMR7372
Burle    Boris    Laboratoire de Neurosciences Cognitives, UMR 7291, CNRS, Aix-Marseille Université
Boissonade    Jérôme    UMR 7218 LAVUE (ALTER)
SEMMOUD    Nora    UMR 7324 CITERES Cités, Territoires, Environnement et Sociétés
Fritz    Hervé    International Research Laboratory REHABS, UMI2008
Navas    Marie-Laure    Cefe
Tito de Morais    Luis    LEMAR (Laboratoire des sciences de l'environnement marin, UMR 6539)
Champion    Yannick    SIMaP
BOURGNE    Florence    EA 2557 Centre d'études médiévales anglaises
DROBINSKI    Philippe    Laboratoire de Météorologie Dynamique - IPSL
Bonzon    Anne    MéMo
PAUGAM    Serge    Centre Maurice Halbwachs (UMR 8097 CNRS/EHESS/ENS)
Besnard    Pascal    Institut Foton
Miranda    adelina    MIGRINTER
Diaconu    Cristinel    Centre de Physique des Particules de Marseille
Pons    Christophe    IDEMEC
Brasselet    Sophie    Institut FRESNEL
Berjeaud    Jean-Marc    Ecologie & Biologie des In teractions UMR7267
Weller    Olivier    Trajectoires - UMR 8215
Konieczny    Sébastien    GDR IA
Arnaud    Fabien    EDYTEM
Badariotti    Domiique    LIVE UMR 7362
LE DIZES    STEPHANE    IRPHE, UMR7342
Palamidessi    Catuscia    Comete
Schaeffer    Gilles    LIX
Vandembroucq    Damien    PMMH
Grandcolas    Philippe    ISYEB UMR7205
Ganachaud    Alexandre    LEGOS
Bougard    François    Institu de recherche et d'histoire des textes
Lecomte    Jane    Ecologie, Systématique et Evolution
Willemez    Laurent    PRINTEMPS (UMR 8085)
Benech    Christophe    Archéorient
Fontaine    Dominique    Laboratoire de Physique des Plasmas
KOVENSKY    José    LG2A UMR 7378
Hourdez    Stephane    UMR8222
Bousquet    Philippe    LSCE
Génisson    Yves    Laboratoire de Synthèse et Physico-Chimie de Molécules d'Intérêt Biologique
Delaunay    Christophe    Laboratoire de mathématiques de Besançon
Bassino    Frédérique    Laboratoire d'Informatique de Paris Nord - LIPN UMR 7030
Daire    Marie-Yvane    UMR 6566 CReAAH
El Kissi    Nadia    Laboratoire Rhéologie et Procédés
Valdeyron    Nicolas    UMR 5608 TRACES
van baaren    joan    UMR-CNRS ECOBIO
Rodier    Xavier    UMR 7324 CITERES & USR 3501 MSH Val de Loire (dir.)
Mitta    Guillaume    UMR5244
Ruas    Marie-Pierre    UMR 7209 AASPE - Archéozoologie, archéobotanique : sociétés, pratiques et environnements
Burguiere    Eric    ICM / UMR 7725
Marin    François    LOMC UMR 6294 CNRS
BOULTON    ALEX    ATILF
Siret    Daniel    AAU, UMR 1563
Pouzenc    Michaël    LISST
MARTINEZ    Gines    Subatech
AMY-KLEIN    Anne    LPL, UMR7538
Maraninchi    Florence    Verimag
LEA    Vanessa    GDR ChasséoLab
Limat    Laurent    Matière et Systèmes Complexes (MSC), UMR 7057
Sempéré    Richard    MIO
Boisserie    Jean-Renaud    PALEVOPRIM
Chateauraynaud    Francis    GSPR
BOUSSARD    Valérie    IDHES UMR 8533
Chiapello    Eve    Cems
COMTE    georges    LAMA (LAboratoire de MAthématiques de l'université Savoie Mont Blanc) UMR CNRS 5127
Steck    Jean-Fabien    LAVUE
HELLIER    Emmanuelle    UMR Espaces et Sociétés 6590 CNRS
Lortie    André    Ipraus/AUSser CNRS n°3329
Roseau    Nathalie    LATTS
Fara    Emmanuel    Biogeosciences
Jacquemond    Richard    IREMAM
Luca    Nathalie    UMR 8216
Castagna    Giuseppe    Institut de Recherche en Informatique Fondamentale
Compatangelo-Soussignan    Rita    Centre de Recherches en Archéologie, Archéosciences, Histoire UMR 6566
T'kindt    Vincent    LIFAT (EA 6300) / ERL CNRS 7002
Mazzoni    Cristiana    UMR 3329 AUSser
Baillot    Patrick    LIP
VOLZ    Sebastian    LIMMS
Chauvet    Eric    EcoLab
Barthe    Franck    Institut de Mathématiques de Toulouse
Bouineau    Jacques    CEIR
GOURMELON    Françoise    LETG
MAUMI    Catherine    AHTTEP / UMR AUSser 3329
BELMONTE    Thierry    UMR 7198
Lucotte    Arnaud    LPSC
Savarin    Philippe    UMR 7244
Humm    Michel    UMR7044 Archimède
VALLET    ERIC    GIS Moyen Orient et mondes musulams
WEISS    Jean    UMR 7177
Müller    Pierre    Centre Interdisciplinaire de Nanoscience de Marseille
THOMANN    Anne-Lise    GREMI, UMR7344
Cazalets    Jean-René    INCIA
Gaussier    Eric    Laboratoire d'Informatique de Grenoble
MERCIER    DELPHINE    LEST
GARRELIE    Florence    Laboratoire Hubert Curien
Fournier    Pierre    LAMES, UMR 7305
Denis    Eric    Géographie-cités
Steiger    Johannes    UMR GEOLAB 6042
Marquis    Pierre    CRIL
Magrin    Géraud    UMR 8586 Prodig
GALOP    Didier    GEODE UMR 5602
JOUX    Fabien    Laboratoire d'Océanographie Microbienne
VERDUN    JEROME    Laboratoire Géomatique et Foncier (EA 4630 Cnam)
Mashkour    Marjan    UMR7209 AASPE CNRS/MNHN
benamou    jean-david    mokaplan
Amilhat Szary    Anne-Laure    Pacte UMR5194
SEYLER    Patrick    Hydrosciences


Commentaires recueillis lors du questionnaire

Les commentaires sont listés dans un ordre aléatoire et n'ont pas été modifiés (sauf quelques fautes de frappe et corrections orthographiques).

Merci pour cette motion
Il y a une confusion possible entre les chiffres 3% du PIB et 1% PIB.
Dans la phrase "Certaines des orientations esquissées sont, certes, positives : aboutir à un financement de la recherche à hauteur de 3% du PIB" il pourrait être précisé que les 3% concernent la R&D et mentionné "dont 1% pour la recherche publique".
Vos propositions disent "couvrir l'ensemble des disciplines et champs scientifiques" et ne prennent en compte que "l'emploi scientifique statutaire". Certes, la recherche publique et ses laboratoires sont malmenés mais ils ont besoin aussi que les acteurs de terrain et les associations soient "mis à contribution" sur d'autres critères que leur enthousiasme à consacrer du temps à de beaux projets. Une position moins "corporatiste" qui ferait apparaître la nécessité de collaborations et/ou d'applications des recherches (notamment en sciences sociales) à la bonne santé de la vie sociale, dans d'autres termes que la finance et le commerce extérieur, n'apporterait-elle pas de la crédibilité au travail de recherche dans un pays pourtant riche mais en voie de sous-développement ?
La recherche publique a permis à la France d'être une grande nation de la connaissance scientifique.
Certes c'est l'argent public qui permet à la recherche publique de vivre mais cela ne doit pas être un moyen entre les mains de l'exécutif pour orienter le travail des chercheurs.
Je soutiens la motion de la CPCN
J'ai bien conscience que nous nous inquiétons sur des orientations éventuelles.
Nous pourrions nous positionner plus fermement sur un projet de loi plus explicite.
Nous ne savons pas si la période de concertation a eu lieu ou va avoir lieu.
Bref, tout est flou.
Nécessité d'une garantie ferme d'un nombre de postes permanents récurrents suffisants pour compenser la perte observée ces 10 dernières années. A savoir, garantir à minima 400-500 postes sur une période de 5 ans minimum, puis un nombre prenant en compte l'ensemble des départs pour maintenir l'effectif.
J'approuve les propositions avancées par le Comité national lors de la session extraordinaire du 4 juillet 2019.
La recherche française a besoin de postes de fonctionnaire titulaire, financés par des fonds récurrents. Ces deux critères sont essentiels à l'autonomie des chercheurs pour explorer des questions à la marge, en dehors des phénomènes de mode et des intérêts purement économiques.
Il est important de fédérer l'ensemble des structures ESR, et un texte unique et commun (sections CNU, HCERES, comités CNRS…) serait plus fort. Parallèlement une liste de toutes les adhésions individuelles à cette résistance & exigence manifesterait l'ampleur de l'opposition à une réforme qui ne peut aboutir sans adhésion majoritaire des acteurs.
Insister sans compter sur le scandale du CIR.
Nous avons besoin de penser la transformation du système de recherche en lien avec la transition nécessaire dans l'ensemble de la société, du fait des contraintes écologiques et climatiques.
Soutien de l'ensemble du GT JEDI du Labex Futurs Urbains réuni en AG 31/01/2020
J'approuve pleinement les propositions du Comité national. Je trouve particulièrement pertinent le diagnostic sur les effets délétères du financement par projet (individualisme, "trappe à pauvreté", etc.).
Une remarque personnelle : si la hausse des salaires demandée, en particulier pour les CR, est conditionnée par une défonctionnarisation croissante des chercheures et chercheuses -ou leur accès de plus en plus tardif à des postes fixes, ce qui est dramatique pour les femmes-, je préfère encore les salaires bas.
Une discussion sur le CIR devrait être ajoutée
Je suis d'accord sur tout !
Il est important qu'une très bonne communication s'établisse entre les différentes institutions et partenaires de la recherche, CNRS, Université mais aussi structures départementales, régionales, associatives, semi-publics et privés. Cette communication doit donner lieu à une clarification commune sur l'architecture souhaitée du système de recherche à l'échelle nationale.
Au moins, vous allez dans le bon sens, vous!
Je soutiens les orientations générales proposées: le caractère de bien commun de la connaissance scientifique et, plus largement, l’attachement de la France aux principes énoncés dans la Déclaration concernant la science et les chercheurs scientifique de l’UNESCO (2017) ; l’importance de la recherche pour la Nation ; la place centrale que doit avoir la recherche fondamentale ; des conditions favorables à l’expression de la créativité des chercheurs et des chercheuses qui nécessite stabilité, sérénité et liberté de recherche ; des perspectives pluriannuelles de croissance de l’emploi scientifique et du financement public de la recherche publique; enfin la promotion de la science ouverte dans toutes ses dimensions : partage des connaissances, développement des sciences participatives et citoyennes, développement de la culture et de l’éthique scientifiques dans l’ensemble de la société.
Les propositions du C3N sont antérieures au projet de loi sur les retraites, cette problématique s'ajoute donc à celles déjà soulevées :
  * le gouvernement s'étant engagé à compenser les fortes pertes de salaire résultant de cette réforme, les nécessaires revalorisations mentionnées dans le rapport doivent s'y ajouter ;
  * la problématique des carrières "incomplètes" du point de vue des cotisations retraites (années à l'étranger pas ou mal comptabilisées, notamment sur les contrats de type "stipend") doit être abordée
Insister davantage sur la précarisation et la réduction des postes d'ITA, de secrétaire de rédaction de revues (problème accru par le passage à l'open access) et d'appui à la recherche en général (gestion des contrats, comptabilité, communication, etc.).
Diagnostic très clair que je partage parfaitement, mais qui ne cause pas par contre, des disparités de situations entre les établissements d'exercices. Ce n'est pas ce combat que vous menez actuellement, donc ma réflexion ne doit pas polluer votre action. Mais être E/C dans une université qui accueille tout public et une école d'ingénieur ou une ENS, par exemple, ce sont des conditions d'exercice totalement différentes de notre recherche ... si l'on se préoccupe de nos étudiants.
Personnellement je ne suis pas en faveur d'une démission collective qui desservirait davantage la cause des chercheuses et chercheurs qu'elle ne la servirait vis à vis de la société, à fortiori en l'absence à ce jour de propositions de loi concrètes
Les procédures d'évaluation par les pairs (CNU, HCERES) au niveau national sont indispensables si on ne veut pas "tomber" dans le clientélisme local
Aucune nuance. La destruction de notre système de recherche et d'enseignement est en marche. Amplifions la mobilisation par tous les moyens nécessaires.
J'approuve toutes les propositions adoptées par le Comité National
1.    Je pense qu'il aurait été bon de chiffrer les "revendications" : nombre d'emplois titulaires à recréer, crédits de base nécessaire, calendrier etc.
2.    J'espère que le CPCN prendra des décisions d'actions quand le projet de loi sera sur la table (mi-février) car les premières annonces vont à l'encontre de tout ce qui est exprimé.
Ajouter la prolongation de la durée des contrats doctoraux (de 3 ans à 4 ans), pour les SHS en particulier.
Un travail remarquable et pertinent.
Création de postes - tout spécialiement support - et revalorisation salariale de 40%, afin de nous mettre à niveau de la fonction publique équivalente.
Suppression de l'ANR et de l'Hcéres
Le monde entier de la Recherche nous envie la possibilité au sein de nos laboratoires de garantir à nos chercheurs la liberté d'une recherche fondamentale non ciblée par des objectifs politiques de rendement immédiat, ce qui n'exclut pas une recherche appliquée sur projet collectif.  C'est ce "qui constitue un facteur décisif d’attractivité nationale et internationale de notre système de recherche publique" ; ceci nécessite une "augmentation forte des crédits de base des laboratoires, qui n’ont plus aujourd’hui les moyens de conduire des recherches exploratoires ou de mettre en œuvre une stratégie scientifique ;"
Que l'état par des commandes ciblées et dans un souci de productivité ne casse pas ce qui a fait et fait l'excellence de notre recherche.
Suggestions d'action pour alerter l'opinion publique, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, et le gouvernement sur notre opposition aux orientations de la future LPPR:
- Boycott des médailles (or, argent , bronze, cristal etc.) attribués par le CNRS qui alimentent la valorisation des individus plutôt que des collectifs.
- Annulation du concours 2020 de recrutement des chercheurs CNRS. Pour que cette annulation ne porte pas préjudice aux précaires, on pourrait restreindre l'annulation au seul concours des Directeur.rices de Recherche (ie. personnes qui sont déjà en poste).
Merci pour votre travail de fond d'analyse des textes et de propositions auxquelles je souscris entièrement.
Précaire pendant 7 après ma thèse en Allemagne et en Suisse, pays où seuls les professeurs sont titulaires de l'ESR, je peux témoigner des effets désastreux de ce type de système sur la santé mentale et physique des chercheurs précaires mais aussi sur la qualité et l'originalité de la recherche menée dans ces conditions. L'attractivité de la France en recherche repose aujourd'hui presqu'exclusivement sur l'existence d'emplois statutaires ; réduire le nombre de recrutements statutaires de jeunes chercheurs mènera inévitablement à un exode des chercheurs français et internationaux vers des environnements plus attractifs et ne permettra en aucun cas de renforcer la place de la France dans la recherche internationale.
N'existe-t-il pas d'études, par exemple par l'OCDE menées sur la "productivité" et le ressenti dans différents pays de chercheurs suivant leurs statuts ?
Bravo pour ces propositions et cette analyse que je trouve remarquables
J'y souscris volontiers et en l'absence de projet clair du gouvernement et des instances de l'ESR, je ne peux exprimer grand-chose de plus sinon que de nombreux points rouges déjà atteints ne seront plus supportables ni compatibles avec notre engagement.
J'approuve la teneur générale de la motion, mais ne partage pas l'opinion que les évaluations de l'HCERES aient une quelconque utilité. Seules celles des personnels en vue de l'évolution de leur carrière s'imposent, à mon sens. La revendication la plus importante me semble être que les chercheurs puissent disposer du temps et de la sérénité nécessaires pour mener à bien leurs travaux, ce qui implique aussi qu'on ait suffisamment de personnel pour accomplir les tâches administratives, sous lesquelles on croule (du moins dans l'université).
Une petite réserve cependant "Œuvrera avec les moyens à sa disposition pour que cette demande soit entendue par le gouvernement ;"
"Les moyens à sa disposition": c'est un peu trop limité et vague il me semble
Si on veut que les choses bougent il faudrait être plus précis et proposer des modalités d'actions précises accompagnées d'un agenda
Bien cordialement,
Josiane Tack
Approbation totale et sans nuance !
La démobilisation généralisée du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur est particulièrement alarmante. Elle résulte d'une incompréhension profonde des politiques qui nient, en appliquant un référentiel d’efficience totalement stérile, la curiosité et la créativité sous-jacentes à toute réelle innovation résultant de l’exploration de champs inconnus. Il s'agit non seulement d'un gâchis magistral et mais aussi d'un naufrage annoncé.
Se débarrasser de l'ANR et de ses appels à projets.
Relancer le CNRS comme le fondement de la recherche en France, associé à des universités à égalité de moyens (fin de l' "autonomie" des universités).
Fin des emplois dévalorisés et précaires dans les universités; retour au service de 150 heures/TD annuelles pour les enseignants-chercheurs.
Abolition de Parcoursup.
Les orientations de la recherche publique sont en débat depuis des décennies comme cela a été rappelé lors des manifestations liées au 80 ans du CNRS.
Et cela est normal. Des évaluations plus ou moins récentes arrivent au même diagnostic. Il y a évidence. Il s'agit du principe dont il faut décider. Qui doit
piloter la recherche : le politique ou le scientifique, qui décide (sous-entendu, faut-il augmenter les crédits ou faire plus avec moi car tous les secteurs sont
touchés par des restrictions budgétaires) ? Ensuite si les moyens supplémentaires sont offerts, la mise en œuvre pourra être conçue pour améliorer la
recherche et faire plus avec plus.
Les gouvernements libéraux et ultra-libéraux français qui se sont succédé depuis 3 décennies n'ont cessé de réduire le financement (<1% du PIB) de la recherche publique (essentiellement en personnels) et d'orienter les axes et objets de recherche pour obtenir des résultats aux effets immédiats dans les sciences de la nature (au sens de valorisables pour l'industrie privée) ou vers des projets utilitaristes dans les SHS. La LPPR et plus généralement les orientations de l'actuelle direction du CNRS ne font que confirmer ces tendances. Elles vont à l'opposé des intérêts nationaux et européens : elles ne sont qu'une pâle copie du système américain, car nos dirigeants n'en ont qu'une idée totalement erronée. Il serait temps de mieux s'informer sur le fonctionnement de la recherche US et de construire un système national et européen plus efficace ! Avec une bureaucratie dirigeante bien moins étoffée...
- Une clarification des objectifs du CIR, en termes chiffrés, et une évaluation sérieuse de son impact, est un prérequis absolument nécessaire.
- Une"grève des évaluation HCERES" ainsi qu'une "grève des examens" sont des actions visibles dont l'effet est perçu en dehors de notre communauté (contrairement à une "grève des évaluations ANR").
D'accord à 99%. Juste une remarque concernant les rémunérations : même si elles semblent insuffisantes en début de carrière notamment en cas de recrutement tardif, ce n’est pas forcément le plus gros problème et il n’y aurait pas de pb d’attractivité si les emplois étaient plus nombreux et les conditions de travail moins dégradées. La volonté de la macronie de jouer sur ce levier en faisant des super-emplois mieux rémunérés pour quelques-uns seulement, au nom de l’attractivité, se fera nécessairement au détriment du nb d’emploi et est un cheval de Troie pour précariser les uns tout en mettant les autres en position de compétition féroce..
le projet LPPR c'est trois refus.
Refus de faire repartir l'emploi tituklaire à la hausse (institutionnaliser les statuts instables à la place)
Refus de financer à la hauteur nécessaire les établissements pour qu'ils remplissent leur mission (à la place tout dépendra des succès aux AAP ANR et de leurs overheads)
Refus d'augmentations de salaires dignes de ce nom (92 millions pour toute l'ESR ce n'est pas sérieux)
Il serait bon d'étoffer le passage concernant la souffrance au travail avec le cas précis des doctorants, qui sont les plus vulnérables au harcèlement et chantages de tous types. On pourrait créer une instance indépendante (en particulier du labo d'accueil) capable d'écouter les doctorants en souffrance et de leur fournir des solutions (changement de directeur de thèse, accueil dans un nouveau labo, ...) qui ne mettrait pas en danger la suite de leur carrière. Cette instance devrait être accessible facilement pour les thésards, par exemple avec des relais dans toutes les universités.
Je pense qu'évoquer la suppression de la limite d'heures d'enseignement des enseignants-chercheurs à 192 heures serait utile. Cela conduira à une baisse forcée de leur investissement en recherche et donc des publications et du renom de la recherche française.
Soutenir plus fortement la demande de reconnaissance du doctorat dans les strates de l'emploi.
Parmi les actions envisageables (même si compliqué), le non dépôt de demandes à l'ANR. Ce serait une action marquante pour retrouver des budgets récurrents pour la recherche dans les laboratoires.
Je vous livre le slogan que je porte lors des manifestations dans larue
"Non à la pratique managériale et néolibérale de L’enseignement et de la recherche"
Il faudrait que les instances envisagent des formes de grève administrative dans le cas où le projet de loi est en décalage trop important avec les besoins de la recherche française tels qu'exprimés par les propositions du CN.
Il faudrait ajouter le manque de flexibilité du statut d'enseignant-chercheur qui n'a aucun recours à la mobilité. Pas de possibilités de mutations alors que cela existe dans les autres instituts de recherches (CNRS, IFREMER...).
Peut-être un trop grand nombre de propositions. Devraient être retenus en priorité :
- favoriser une recherche collective par augmentation nette des dotations récurrentes des laboratoires
- plus de transparence dans le fonctionnement de l’ANR
Les plus grandes avancées scientifiques sont souvent, sinon toujours, imprévisibles et d'autant plus profondes qu'elles sont plus imprévisibles : elles ne sont possibles que lorsque les chercheurs ont le temps d'explorer des zones inexplorées par la science et la possibilité matérielle de prendre des risques intellectuels. A l'opposé le fait de croire qu'il est possible de "manager" la recherche à l'aide de contrats à court terme, que ce soit pour salarier les chercheurs ou financer leur travail, traduit une vision étriquée de la science et conduit à rendre impossible la prise de risque nécessaire à la fécondité de la recherche.
Bonjour,
J'approuve les principes et propositions formulées. Cependant, je dois préciser que, sans corporatisme aucun, mais compte-tenu de la situation particulièrement tendue des enseignants-chercheurs (dont les enseignements, les changements de maquettes permanents, les responsabilités pédagogiques et la charge administrative inflationniste qui va avec grèvent lourdement la chance de faire de la recherche), j'aurais souhaité qu'un soutien particulier leur soit apporté dans le texte (quand le contenu du rapport préparatoire à la LLPR n°2 apparaît comme une attaque particulièrement sévère à leur encontre), dénonçant leurs conditions et revendiquant un cadre qui leur permette vraiment de faire leur métier.
Cordialement,
SW
Les demandes sont en-deçà de ce qui est requis pour l'ESR (notamment en ce qui concerne le financement public)
Je soutiens les actions engagées en particulier celle concernant le redéploiement des postes pour nos futur.e.s docteur.e.s
Pointer l'aspect grossier d'une réforme qui confond toutes les sciences et disciplines sans distinguer leurs spécificités propres (science humaines / sciences expérimentales).
Une réforme qui différencie pourtant les tâches en les hiérarchisant : plus "noble", la recherche, "ignoble" l'enseignement.
Pas de saupoudrage d'augmentation salariale mais des POSTES et des financements pour la recherche.
Je reste persuadée qu'une des actions les plus visibles, déjà proposée et refusée lors de la plénière de 2015, serait que les sections tirent au sort les candidat.es CNRS admissibles en fin de concours. Autrement dit, que chacun établisse la liste de tou.tes les candidat.es qui leur semblant mériter un poste et tire au sort dans cette liste les heureux/ses gagnant.es. Avec 200 candidat.es pour 4 postes en section 40, je pense que c'est la seule solution équitable. Elle aurait l'avantage d'attirer vraiment l'attention.
Inciter/Redonner aux chercheur-e-s  (EC et C) leur mission de recherche exploratoire, par ex. 1/2jour par semaine 100% libre
Reconnaître/encourager  "vraiment" l'interdisciplinarité
Arrêter la dispersion des (faibles) moyens financiers des EPST sur une multitude d'AAP où l'on apprend à chercher des Euros-cacahuètes plutôt qu'à faire son métier de chercheur
Reconnaître/encourager les transferts Amont/Aval à visée socio-économique
Valoriser le dépôt de Brevet des chercheurs dans la carrière des EC et C
Repenser la PI, source de lenteur, de perte de contrats, voire de thèse finies sans accord signés
Repenser l'administration de la Recherche: on a besoin de service administratifs compétents et bienveillants, au service de ... et pas le contraire, qui n'ont pas de règles contre-productives à faire appliquer (du genre il vous manque un ticket de métro et c'est grave)
Il me semble important de souligner l'amplitude des effets de cercle vicieux à l'œuvre. Une équipe dépourvue de financement sera évaluée défavorablement, et encore moins financée à l'avenir sous système Darwinien.
De même à titre individuel l'échelle des excellences est hors de portée de nos CDD. L'enchaînement de contrats courts que propose la France les empêche d'atteindre le premier barreau des ERC (l'excellence de la liste des publications récentes) par exemple.
Merci au Comité National de porter cette urgence absolue d'avoir des milliers de postes de titulaires pour nos jeunes collègues dans nos laboratoires, et des crédits récurrents pour pouvoir avancer nos/leurs programmes de recherche sereinement. Oserait-on recruter un.e chirurgien.ne et lui dire qu'il faut maintenant qu'il aille décrocher des appels d'offre hyper-concurrentiels (ANR, ERC) avant de pouvoir opérer ? Oserait-on faire attendre les énarques en sortie d'ENA avec des salaires aussi bas et des CDD à répétition en leur disant qu'ils seront ainsi plus compétitifs pour gérer les administrations ? On voit bien l'absurdité du raisonnement. Pourquoi nous impose-t-on ce ratio de 5 à 10% de crédits récurrents / 90% à 95 % de financements sur projets compétitifs ? La recherche française va en crever ! Nous vous soutenons dans vos démarches, bon courage !
- L'emploi scientifique constitue de mon point de vue un enjeux majeur,
- Trouver le bon équilibre entre financement sur appel à projet et financements récurrents.  
- Pour les appel à projet assurer au moins 50% de financements sur des projets blancs pour aller explorer de nouvelles frontières, sans contraintes, et des projets sur des thème plus ciblés
Envisager sérieusement la grève des institutions telles que Comité national/ CNU/ HCERES, pour blocage du fonctionnement des structures, seul vrai moyen de pression sur le Ministère...
La LRU a déjà fait beaucoup de mal au monde de la recherche et de l'enseignement en France et il semble que ce serait encore pire avec la LPPR.
Entre les salaires ridiculement faibles des MCF, les galères pour avoir des financements divers et les recrutements toujours plus faibles, ça ne donne pas une belle image de la recherche.
En espérant que la mobilisation permettra de faire annuler cette réforme.
Courage !
Il faut être plus clair sur les chiffres concernant le financement de la recherche en France.
Au début de la motion, 3% du PIB c'est pour le R&D dans lesquels le budget de la recherche publique représente entre 0,75% et 0,80% du PIB.
D'où la demande de porter le budget de la recherche publique à 1% du PIB.
HCERES n' a pas la bonne méthodologie pour évaluer les laboratoires (trop statistiques et pas assez la prime au risque pris) ce qui affecte les collaborations
Lourdeur administrative (mission, recrutement y compris de stagiaires, règles budgétaires) démotive la profession à tous les niveaux (directeur d'unité, chercheur, IT, futurs recrutés tels que les postdocs et thésards)
Précision et lucidité des observations, qualité et bon sens des propositions, toutes si nécessaires ! Merci pour votre courageuse lutte contre le déclin programmé de l'ESR.
Je souscris pleinement aux propositions élaborées par le CN du CNRS.
en qualité d'Administratrice de l'UMR je m'aperçois que depuis quelques années les conditions de travail des personnels se détériore à la même vitesse que croisse les outils de gestion sensés simplifier l'administratif !
Les outils déployés ne sont pas aboutis, certains ne répondent pas aux attentes des labo, on a le sentiment qu'ils sont créé uniquement pour dire on est les meilleurs on a réussi !! il faudrait accompagner ce déploiement d'outils non pas par des centaines de mails comme on en reçoit tous les jours mais en concertant les gens de terrain qui sont en confrontation avec les chercheurs et qui sont donc mieux placés pour dire ce que l'on a besoin !
Certes il y a les Lois notamment la Lolf qui a généré de grands changement en matière de gestion mais à quel prix !! il a fallu adapter les outils non sans mal et surtout s'adapter au détriment de la qualité de notre travail !
Il faudrait aussi arrêter les mails incessant y compris Week end et jours fériés  (webcontrat) qui pourrissent nos boîtes aux lettres et sont source de stress et d'anxiété !
Je suis formatrice Geslab et chaque année nous organisons une formation nouveaux entrants ! là je m'aperçois qu'il y a beaucoup de CDD arrivés dans des laboratoires depuis quelques temps sans avoir bénéficié de tuilage avec la personne remplacée ! car ,dans beaucoup de labo il y a pénurie de gestionnaire et donc lorsque ces personnes arrivent il faut qu'elle soient opérationnels aussitôt !! bref tout cela amène à augmenter stress, RPS etc …
Donc je soutiens fortement les propositions en insistant sur le fait qu'il est absolument urgent d'augmenter le nombre de poste de titulaire de soutien support à la recherche ce qui dégagera les chercheurs d'activités administrative qu'ils n'ont pas à faire.
Nous avons besoin de ressources propres pour penser une recherche de long terme
L'essentiel serait de refuser toute forme de précarisation des emplois à tous les niveaux et toute mainmise des seuls présidents d'Université et CA qui pourraient jouer sur la dérégulation, la contractualisation temporaire et la répartition imposée de tâches non rémunérées dans le seul but d'économiser des heures sup et d'éviter des recrutements. Nous sommes écrasés déjà de tâches multiples et le plus souvent "invisibles", ce qui nuit à la recherche, comme nuit à la recherche le financement uniquement sur projets gigantesques adossés à des demandes locales. IL faudrait aussi explique ce que signifie être enseignant-chercheur, et l'interaction nécessaire entre ces 2 volets de notre métier. Interaction nécessaire et féconde pour tous, à commencer par nos étudiants.
J'appuie *** TOUT PARTICULIÈREMENT *** les propositions suivantes :
1) Augmenter l’enveloppe financière affectée aux crédits « de base » des unités de recherche, pour sortir du système inefficace dans lequel les chercheur·se·s consacrent une part de plus en plus importante de leur temps de travail à la recherche de financements leur permettant de mener leurs recherches.
A noter que les enseignants-chercheurs subissent tout particulièrement cette contrainte dans la mesure où leurs charges d'enseignement et d'administration de l'enseignement réduisent significativement le temps qu'il leur est possible d'allouer à la recherche.
2) Simplifier les procédures d’appel à projet ; alléger les dossiers à remettre tant au moment de la soumission du projet qu’au moment de son évaluation a posteriori ; centrer les dossiers sur le contenu scientifique des projets ; ne pas exiger de présentation détaillée du montage financier ; permettre l’utilisation d’une fraction significative du budget du projet (par exemple de l’ordre de 20%) pour des dépenses non prévues au départ.
3) Redévelopper de manière très significative l’emploi scientifique permanent, au plus près de la thèse et sur des postes permanents de fonctionnaires.
4) Refonder la régulation du système de recherche publique sur un principe central de confiance a priori.
Merci on est derrière vous et perso je pense que c'est très utile que le message passe par les directions de nos tutelles
il aurait fallu joindre un lien vers les résultats de l'enquête de l'année dernière sur le financement de la recherche, enquête dont les résultats sont utilisés comme fin dans cette loi de programmation, mais les orientations choisies dans cette loi vont clairement à l'encontre de ce qui a été demandé.
Il est regrettable qu’une loi sensée soutenir la recherche scientifique ne comprend pas des éléments de base pour garantir le bon déroulement des activités menées.
Le projet de LPPR actuel entend enfermer l'enseignement et la recherche dans une logique de compétition, de gestion à court terme et de précarisation généralisée, annonçant ainsi :
- la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l'évaluation des carrières par les pairs ;
- l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR et des personnels BIATSS et ITA ;
- la remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des chercheur.e.s avec la disparition de la référence aux 192h équivalent TD et l’imposition de la modulation de service.
Je souligne également que la volonté d’adoption de ces mesures mortifères pour l’ESR public au moyen de « cavaliers législatifs », procédé utilisé afin de faire passer des dispositions législatives sans éveiller l'attention de ceux qui pourraient s'y opposer, jette le discrédit et l'opprobre sur l'organisation de la recherche publique française.
Limiter le nombre et la complexité des processus d'évaluation permettrait de réduire le temps imparti aux tâches administratives et d'augmenter le temps dédié au travail de recherche. Il me semble important de supprimer les évaluations intermédiaires (évaluation annuelle dans le cadre d'un projet Equipex par exemple) et de mettre en place un rapport d'évaluation commun à tous les acteurs de la recherche (ANR, cours des comptes, tutelles des différents labo, etc...).
En ce qui concerne les actions envisageables, il faut à mon sens rester très prudent afin de ne pas déstabiliser notre démocratie et compromettre notre futur à nous toutes et tous.
- La rémunération est sans doute centrale pour rendre de l'attractivité à nos métiers de la recherche (ce n'est pas en communiquant avec le SMIC en référentiel que l'image de cette rémunération sera meilleure)
- Pour quoi les primes ne sont-elles pas alignées sur l'ensemble des tutelles de rattachement des chercheurs (CNRS vs IFFSTAR vs INRIA)???? Comment la prime de recherche d'un enseignant chercheur peut-elle être supérieure à celle d'un chercheur ? (même pour des maîtres de conférence qui n'ont plus d'activités d recherche...)
- Pourquoi les PEDR de CR ne sont-elles pas rétablies, quelle est l'incitation donnée à l'effort? Aucune...
Je soutiens pleinement les propositions du Comité National.
Pour me citer comme "directeur" il faut utiliser FR 2007 CIST
Je partage les inquiétudes formulées sur les projets concernant la recherche mais attend de voir ce que concrètement recèlent l'application des propositions c3n pour y adhérer sans réserve aucune.
La recherche doit être financée dans son ensemble.
Il n'y a pas d'oppositions entre recherche fondamentale et appliquée pour peu qu'il y ait toujours une distinction.
Certaines recherches théoriques donneront lieux à des applications et des recherches technologiques aussi.
Les deux vont de pair dans de nombreux exemples
des avancées théoriques peuvent permettre des avancées technologiques avec ou sans applications
de même des avancées technologiques peuvent des avancées théoriques majeures.
Le soutien apporté par la C3N aux attendus de la CPCN, montre que la perception négative de l'évolution du système de recherche Français depuis une décennie est commune à l'essentiel des acteurs. En tous cas à mon échelle, je vis les mêmes inquiétudes.
Faire remonter à ceux qui prennent les décisions l'importance de prendre en compte les retours de la communauté de la recherche, qui avait été sollicité pour les sondages approfondis par les sociétés savantes et qui avait pris ça au sérieux.
Le manque de maîtrise par les labo. d'investissement et de renouvellement de moyens et d'expertises contribue à la destructuration, l'impossibilité d'élaborer de véritable stratégie scientifique et donc l'affaiblissement voire la disparition de domaines de recherche pourtant important pour notre société. On ne peut pas mettre en place de stratégie efficace sur la base d'AAP à 10% de réussite et sans mécanisme de financement pluriannuel.
Je peux simplement témoigner, d'une part, qu'après avoir passé plus de 6 ans en post-doctorat dans des universités et labo étrangers fonctionnant sur le modèle tenure-track et "CDI de projet", ma volonté de faire de la recherche en rance avec un poste statutaire n'en a été que renforcée chaque année. Les postes statutaires participent à l'attractivité de la recherche. D'autre part, ce sont bien les faibles moyens alloués à la recherche en France qui surprennent nos collègues étrangers ou ont convaincus des français que j'ai pu rencontrer de faire de la recherche à l'étranger (et non pas, la façon dont les moyens sont alloués).
Promotions de Maître de Conférences à Professeur basée sur la qualité du dossier et non sur la disponibilité ou non d'un poste dans la discipline correspondante (aucune perspective pour moi pour les 20 ans à venir).
Les maîtres de conférences devraient pouvoir porter le titre de professeur par exemple dès qu'ils ont obtenu leur HDR, comme c'est le cas à l'étranger. Ne pas porter ce titre au bout de plus de 10 ans d'une belle carrière est discriminant et peut induire une perte de crédibilité auprès de nos partenaires étrangers.
Enfin, le passage à la hors classe pour les maîtres de conférences à partir d'un certain échelon (et donc d'une certaine ancienneté) défavorise les personnes mobiles, ou qui ont eu des parcours un peu différents. Seul le dossier devrait être pris en compte.
non abrogation ni remise en cause du statut des enseignants-chercheurs et de leur volume horaire et non abrogation et remise en cause des institutions collégiales
Les carrières de chercheurs.ses ne sont plus aussi attractives : recruter des étudiants en thèse est très difficile et la qualité des candidats chute.
Le système français ne fait pas confiance à ses chercheurs : on recrute des maîtres de conférences ou des professeurs sans leur donner de budget pour développer leur recherche.
L'absence de crédits récurrents fiables tue la recherche et épuise les chercheurs.
Le manque de personnel d'appui aux métiers de la recherche n'est plus tenable.
L'"évaluation" des chercheurs ne peut se faire que sur une base bienveillante : que peut faire une personne pour améliorer sa pratique, son parcours, sa recherche ? Ce dont ont besoin les chercheurs, c'est une politique de gestion de ressources humaines aujourd'hui bien faible pour soutenir les carrières.
Merci pour votre travail !
Je soutiens la motion mais je suis contre l'écriture inclusive.
Le HCERES est un parasite coûteux, chronophage et illégitime. La communauté universitaire devrait se mobiliser pour cesser de le nourrir, en démissionnant des comités, en refusant de faire remonter les rapports.
Je suis globalement d'accord, et je soutiens donc ces propositions. Je ne pense pas que les salaires soient trop faibles. Je préfère que l'on recrute plus de personnel. Par ailleurs, je me plains surtout d'une politique de la défiance (toujours tout justifier, demander, quémander) et d'un travail chaque jours plus administratif (qui génère des coûts extrêmes pour tout : temps de recherche perdu, énergie perdue, prix des vols, hotels, etc. ahurissants, etc.). Structuration entre permanents et sous-contrat, etc. Mépris des enseignants et de l'enseignement.
C'est tout cela qui détruit (le plaisir de) la recherche.
On ne peut qu'être d'accord avec ce qui est l'évidence même. Il a été montré que le taux de publication et le taux de citation des travaux de recherche d'un pays sont "bêtement" proportionnels au % de pib investi dans la recherche. Donc tous les remaniements de structures, les mises en compétition stériles pour les crédits comme pour les postes (précarisés de plus!) ne servent à rien qu'à nous faire perdre du temps et à prétendre que l'État agit. Il nous enfonce simplement la tête sous l'eau et c'est de plus en plus désespérant et démotivant.
Je suis pour une recherche publique dotée de moyens à hauteur des défis qu'elle rencontre.
J'espère sincèrement que les divers appels émanant de la communauté scientifique seront entendus et ne resteront pas lettre morte, car pour l'instant c'est "la casse de la recherche publique" qui semble en marche...
Entièrement d'accord ! Prendre davantage en compte le fait que de nombreux chercheurs sont aussi des enseignants chercheurs écartelés entre des missions de plus en plus chronophages en termes d'innovation (traduire: diminution des heures pour le même travail) et l'augmentation délirante des tâches administratives liées comme pour la recherche à l'obligation de sans cesse rendre compte et à l'implémentation de réformes pédagogiques, l'utilisation de nouveaux outils technologiques inadéquats...
Le PDG du CNRS doit reconnaître publiquement sa cuistrerie en sciences du vivant, présenter ses excuses devant les personnels pour la honte intellectuelle qu'il leur a fait subir, et démissionner.
Par dignité.
C'est une politique trop centrée sur le privée. Il faudrait donner plus d'argents aux équipes de façon global et surtout arrêter de supprimer des postes de fonctionnaire pour des cdd qui fragilise les équipes et monopolise les ressources pour reformer des gens en cdd
Il me semble essentiel d'appuyer plus encore la nécessité de crédits récurrents suffisants, tant pour la recherche que pour l'enseignement supérieur.
Merci de cette initiative. Il me semble important de s'organiser au plus vite, afin d'atteindre la masse critique qui nous apporterait de la visibilité.
Un accent supplémentaire à apporter à la précarité des ingénieurs, techniciens, enseignants personnels de recherche en CDD. Ces emplois précaires ralentissent voire annulent des projets de recherche puisque les experts partent avec leur savoir-faire à l'issue du contrat, ce qui est totalement contre-productif. De plus, faisant partie des concerné.e.s, je suis comme beaucoup victime de précarité économique se ressentant y compris au travail et influant donc sur mes performances. Pour finir, nous n'avons pas fait autant d'effort pour rester dans cette situation honteuse. Si le gouvernement veut paraître ridicule au niveau international (quel soft power français sans personnels de recherche ?) et se faire distancer par les autres grands pays qui eux investissent dans la recherche, et bien qu'il continue sur cette voie.
Une contractuelle ingénieure énervée et en fin de contrat
"Réaffirmer le principe de recrutement des chercheurs·ses et des enseignant·e·schercheurs·euse·s au plus près de la thèse" : pour beaucoup cela signifie "juste après la soutenance". Je pense que c'est une erreur. Quelques années de postdoc, si possible avec un sujet/labo/pays différent de la thèse, sont très formatrices et enrichissantes à titre personnel et pour le labo dans lequel on obtient un poste permanent.
Je pense que ces propositions seraient plus audibles pour les pouvoirs publics si elles s'accompagnaient d'une réflexion auto-critique sur ce qui ne fonctionne pas ou fonctionne mal "à l'intérieur" de l'ESR français.
Pour ce qui est de la mobilisation, un appel général aux porteurs de projets Européens (ERC, H2020, etc) pour proposer à ceux-ci d'arrêter d'envoyer leurs rapports à mi-parcours, rapports financiers, fiches temps, etc, serait un signal assez fort pour que le gouvernement nous écoute. Vu que le virement des fonds européens se fait a posteriori, sur justification, après avance par les différents organismes (i.e. l'état, en gros), cela représente un manque à gagner peut-être pas énorme, mais surtout très visible. Par contre, le faire seul dans son coin serait un peu inefficace et quasi-suicidaire.
Quoiqu’on pourrait possiblement souscrire à la philosophie qu’on serait tentée de deviner entre les lignes du Diagnostic et propositions du Comité National pour la recherche en France, la lecture du texte laisse particulièrement circonspect sinon dubitatif tant il paraît incapable de contribuer à l’élaboration d’une perspective viable pour la recherche et l’enseignement supérieur sans laquelle l’avènement consubstantiel d’une société désirable ne saurait advenir.
Ceci tient essentiellement à ce que le texte s'inscrit exactement dans le cadre dont il prétend dénoncer les effets, plutôt que d'en remettre en cause les fondements. Pour résumer ce sentiment, on ne saurait mieux dire que Bossuet, dont la citation exacte, trop souvent tronquée, et mal au surplus, apparaît parfaitement appropriée : « Mais Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? quand on l'approuve et qu'on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance ». Ce texte oscille en effet entre une adhésion, peut-être inconsciente mais indéniablement authentique, à l’idéologie de l’individualisme - trop souvent tapie derrière l’obscur vocable consacré par la mode et désignée à la vindicte sous le sobriquet commode du « néolibéralisme » - et le drame que ce
même individualisme forcené génère pour nos sociétés, dans et hors du monde éducatif et académique.
Pourquoi faire porter l’entièreté de la culpabilité à l’individualisme ? C’est qu’il porte en germes le consumérisme, le productivisme, le corporatisme et l’obsession du présent dont il se fait le creuset. Grimer ses avatars ne change rien à l’affaire ni n’ôte au texte de sa douteuse bienveillance.
Ainsi, les auteurs reprennent à leur compte le nouveau concept de l’innovation sans jamais questionner les soubassements d’un coupable glissement sémantique opéré dans la lumière chatoyante de l’aube du troisième millénaire, et savamment démystifié, entre autres, par Etienne Klein. Là où l’on invoquait naguère le Progrès, désormais rangé dans les tiroirs de l’Histoire, on parle désormais d’innovation. Le minuscule engloutit la Majuscule, et, pour se donner une contenance, nourrit un encan de nouveaux termes exhumés de l’éternel à-paraître dictionnaire d’Orwell. Rappelons qu’à peine fut ouvert notre nouveau bréviaire que l’on y découvrit l’innovation de rupture, cette quintessence de l’antinomie.
     Etymologiquement, l’innovation correspondant à un renouvellement, elle s’apparenterait en cela à un avenant: c’est donc ce qu’il faut changer pour que rien ne change, et, de facto, le contraire d’une quelconque rupture car il s’agit précisément du moyen de l’empêcher plus encore que de l'éviter;  l’innovation, c’est donc le présent au détriment du futur, c’est aussi l’individuel contre le collectif, c’est encore le comptable stipendié du financier; l’innovation, c’est une incarnation - il en est d’autres - du cancer rongeant nos sociétés. Administrer des antalgiques n’y changera rien sauf peut-être le déclenchement de quelques palpitations éphémères.
Pour la recherche, l’innovation c’est implacablement l’appliqué plutôt que le fondamental étant entendu qu’il faut choisir pour obéir à la règle indépassable de
la finitude des moyens. Dès lors, la défense des sciences fondamentales devient
acrobatique. Si fondamental il devait y avoir, ce serait parce que, malheureusement, certaines découvertes se produiraient par hasard, se risquent les téméraires. Le texte ne dit guère autre chose.
La sérendipité serait, finalement, la seule raison de ne pas couper les branches rebelles de ces travaux d’une coûteuse extravagance. On entend d’ici la rumeur s’élever benoîtement : l’Intelligence Artificielle ne pourrait-elle pas justement nous sortir de ces ornières, nous préciser ce que l’on doit financer - en-dehors d’elle-même - et, surtout, ce que l’on ne doit plus financer puisqu’en pure perte. Après tout, ne se murmure-t-il pas qu’Elle nous dit déjà ce que l’on pense et nous susurre ce que l’on doit penser? La rumeur, cet entêtant refrain qui frémit aux oreilles et batifole sous les crânes, ne saurait définir l’Intelligence Artificielle, mais qu’importe pour le pieux réaliste: l’existence d’un mot prouve la réalité du concept, même intangible et vaporeux.
     Il y a pire encore dans cette histoire, car l’innovation, c’est également, lorsqu’il le faut, l’appliqué et le divertissement contre le fondamental et la culture pour servir le cupide. L’innovation et le consumérisme dynamitent le Progrès, qu’il vienne de recherche appliquée ou fondamentale, pour lui substituer le Profit. et réinventer un Majuscule duquel s’enticher. C’est la commercialisation d’un médicament parce qu’il rapporte même s’il génère plus de maux demain que ceux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui; après tout, sinon on ne fait plus rien… C’est la création d’une start-up facturant le droit à briser des objets ou à féconder des poupées gonflables, ou celui d’une boîte de production spécialisée dans le confinement télévisuel de philosophes avides de promiscuité; en même temps, si ça leur plaît… C’est la dématérialisation des démarches administratives, des courriers et autres fléaux de papier, non pour simplifier mais pour catalyser.
     En résumé, confondre Progrès et innovation, c’est pervertir Valéry pour qui « c’est en copiant qu’on invente », imaginant par là que la copie est déjà invention plutôt que souffle d’inspiration. L’innovation est donc ce qu’il faut faire pour éviter que le Progrès n’advienne, si l’on reprend Machiavel. Et cette idée de Progrès s’absente, assourdissante, du texte alors même que son éternelle redéfinition devrait être au coeur de toute esquisse d’une loi de programmation de la recherche, comme d’une politique quelle qu’elle soit, à l’heure où la vision positiviste s’effrite toujours un peu plus à l’aune de ses conséquences. A ce stade, tronquer la citation de Bossuet devient sagace : « Dieu rit de ceux
qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets. »
     Dématérialisation, énergies renouvelables, Intelligence Artificielle, les innovations se succèdent et fascinent avec leurs oripeaux mystiques et leurs noms clinquants. Dématérialisation, voici un néologisme qui mérite le détour intellectuel tant il ment sur lui-même. On serait en droit d’escompter qu’à la matière ait été substituée autre chose au cours du processus. Que nenni, la chemise remplie de feuilles a, dans les meilleurs des cas, seulement cédé sa place à un disque dur, moins encombrant mais indubitablement constitué de matière! A l’heure où fleurit une miscellanée de termes volontiers ésotérique, nul ne devrait oublier que les mots sont chargés d’un sens, ils disent quelque chose  pour nous quand leur mise au pas révèle des choses sur nous. Tout n’est pas indéfiniment fongible, tout n’est pas relatif contrairement aux fallacieuses interprétations de la physique relativiste, selon laquelle il y a avant tout invariance par changement de référentiel. Il n’est sans doute pas innocent que l’évanescence littéraire de nos jours accompagnent ces profondes et résistibles transformations, qu’elle les précède. Nos sociétés souffrent d’une inversion sémantique pathologique, dont le procédé trop connu paie sa notoriété du prix de l’invisibilité.
Plus que jamais en effet, il faut étudier pour trouver un travail, travailler pour gagner sa vie, produire pour faire du profit, faire de la science pour vendre des technologies, et apprendre - plutôt que comprendre - de la science lorsqu’on étudie, pour entretenir le cycle. Nous ne savons plus pourquoi nous savons, ni comment nous en sommes venus à savoir, mais nous savons pourquoi nous devons savoir. Le Savoir n’est donc guère qu’un outil au service de la technologie, au même titre que le produit n’est qu’un moyen de créer de de l’emploi, ou quand la boîte à outils devient le produit de consommation. On pourrait excaver n’importe quelle proposition de modalité d’évaluation que cela ne changerait rien à un système vicié, où les Valeurs, plutôt que d’avoir été évacuées, ont été réifiées à des fins marchandes. Comme nous le serine la vulgate réformiste, le systémique prime le paramétrique, et, mécaniquement, le HCERES d’évaluer l’enseignement supérieur par son taux de réussite à l’embauche quand les chercheurs sont quantifiés sur une échelle bibliographique.
     Las, la métrique n’est pas contingente au système, elle lui est immanente. Il n’y a pas d’accidentel ou de conjoncturel aux sources de ces maux, uniquement de l’inéluctable et de l’intrinsèque. Dans une société où s’insérer dans le monde professionnel - entendez gagner sa croûte - est la finalité des études, il serait criminel pour les étudiants de ne pas évaluer les formations suivant ce prisme. De même, la compulsion du consommateur réclame son dû auprès des chercheurs: le Chiffre s’impatiente, il veut connaître le retour sur investissement: combien d’articles, pour combien de brevets, pour combien de chiffres d’affaires, dans quels laboratoires et que ça saute!
Il va sans dire qu’immiscer de la compétition là-derrière devait inéluctablement figurer parmi les illuminations suivantes. Mais, là, plus de douce complainte qui ne tienne; froissées dans leurs certitudes, les orfraies crièrent le tocsin : comme jadis, on pervertissait Darwin en Spencer et tout son attelage maléfique. Darwin, ce ne serait pas la compétition, mais au moins autant, voire avant tout, la coopération. La théorie des jeux, cette discipline trop méconnue de la pensée moderne, l’aurait largement démontré. Tout dépend du point de vue adopté. Soyons juste: Darwin, c’est un mode de sélection qui, selon les conditions, génère de la coopération ou non et, plus ou moins indépendamment, de la compétition ou non. Et, que cela plaise ou non, c’est de loin le cadre conceptuel le plus efficace pour comprendre comment et pourquoi les êtres vivants, notamment, sont tels qu’ils sont. Cela nous éclaire donc sur nous-mêmes, notre passé, notre avenir, mais ne nous dit en rien ce que nous devons souhaiter pour nous-mêmes, que ce soit professionnellement, collectivement ou personnellement. Trop tard, nos avides maîtres orwelliens ne pouvaient rater une telle opportunité d’innover : le monde des chercheurs a eu raison de s’insurger; plutôt que compétition, ce serait donc la coopétition, nouveau jeu dont les règles demeurent tenues au secret dans les arcanes de quelques esprits retors. « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les instigateurs… ». Nul doute que Cocteau lui-même serait surpris de l’universalité proverbiale de son précepte.
Seule une société séditieuse où le Savoir est une valeur en Lui-même et pour Lui-même serait à même d’ourdir une métamorphose. Dans une telle société, le travail aurait pour objet de créer quelque chose, idée ou objet, en se préoccupant de sa valeur humaine indifféremment de sa valeur financière. Il est inutile de rappeler que cette ambition se situe aux antipodes de nos sociétés de la valeur Travail, où l’on ne produit de fruit que parce qu’il faut générer un profit, où l’on ne travaille que pour partager ces fruits - au diable leur arrière-goût gâté - suivant une péréquation interlope, obéissant aux sagaces préconisations d’un économiste notoire, qui proposait de payer des ouvriers à enterrer des billets pour que d’autres soient ensuite rétribués à les déterrer.
De tout cela, rien n’est dit ici. Oh, bien entendu, à plusieurs reprises, l’idée de la valeur du Savoir est martelée dans notre beau projet. Jamais soutenue d’un discours construit cependant, elle confine au slogan publicitaire ou à l’antienne politique, ces fossoyeurs de la Pensée. Que n’a t-on entendu ces formules dont la consistance en dispute à celle d’un ectoplasme. « Le Savoir, c’est bon. », ou « c’est bien.» puisque le rationalisme, feignant l’embarras devant sa propre hégémonie, autorise encore deux mots devenus interchangeables. « Le Savoir, c’est bien. Voilà l’argument définitif et indépassable.
     Soit, le Savoir c’est ce qui permet d’améliorer notre espérance de vie, de réduire la mortalité infantile, de guérir certaines infections, d’améliorer des rendements agricoles, de satisfaire notre curiosité à propos de la Nature ou de nous-mêmes - ce qui finit par se rejoindre - , de développer des nouvelles technologies, de comprendre des menaces et, pourquoi pas, de résoudre des crises. Mais alors, noblesse oblige et probité engage à achever le raisonnement. Car le Savoir, c’est tout autant, et toujours plus, ce qui sépare ceux qui savent de ceux qui ne savent pas, sans garantie aucune qu’il soit possible de résorber cette différence un jour; c’est aussi, de prolonger la vie des aînés élimés et valétudinaires plutôt que d’accroître les potentiels enfants sains et vifs; c’est de même fournir l’outil grâce auquel livre et écriture - ces outils indispensables à penser - deviennent caducs. Jusqu’à preuve du contraire, les crises actuelles révèlent que le Savoir, comme le Néant, est auto-destructeur. Sans Savoir, nulle explosion démographique, nulle agriculture intensive, nulle consommation de pétrole, nulle centrale ou bombe nucléaire, nulle crise écologique dont on explique qu’elle rend ce Savoir toujours plus essentiel…
Il n’y aurait eu d’Anthropocène sans Savoir. Cela ne signifie pas que le Savoir mérite procès pour cela et il existe bien des arguments pour Le promouvoir, mais cela ne saurait se faire en remisant au placard les pièces à charge. A ce titre, la dernière fredaine largement relayée par le texte parachève l’exercice de gymnastique par un grand-écart lorsque les coryphées du projet se laissent aller à un éloge de la démultiplication des voyages. On devine les incantations s’élever, entonnant : « La mobilité, c’est bien. ». Cette fois, il y a argument à l’étai : ce serait bien, car cela susciterait des coopérations et des échanges grâce auxquels le Savoir avancerait plus vite, et donc, l’innovation, et le pouvoir d’achat. Voilà donc pourquoi il fallait cautionner l’innovation. Et tombent les masques du corporatisme avec cette défense des prébendes des chercheurs à leur bénéfice exclusif plus qu’à celui de la Société. Voyager est éminemment plaisant et enrichissant pour nous autres riches civilisés occidentaux, chercheurs ou non, mais faire accroire que ce serait « bien » relève de l’imposture sauf à chevaucher une bicyclette - non-électrique - ou une monture pour ce faire. Du point de vue environnemental, c’est évidemment coûteux, et, dans une certaine mesure, néfaste. Quel compromis arrêter entre préjudices et bénéfices pour la société, that is the question. Voyager, pourquoi pas, mais avec modération, comme dirait l’autre.
     Enfin, quand le corporatisme rencontre le consumérisme, le fiel revendicatif exige l’augmentation du nombre de postes au motif que « la Recherche, c’est bien. » ou s’excite sur l’augmentation du pouvoir de consommer - grimé sous le doux nom de salaire. Est-ce bien sérieux? Ce n’est pas tant de dire que les chercheurs sont trop payés, encore moins qu’ils sont trop nombreux, mais de s’interroger sur le fait qu’au-delà des inégalités et des injustices, évidemment intolérables, des aberrations du coût du logement, tout aussi insupportables, tous, nous consommons trop d’énergie et de matière, qu’il est intenable de soutenir ses revendications au nom du consumérisme car la crédibilité de la recherche, comme celle de l’enseignement supérieur, suppose, entre autres, la coïncidence avec elle-même et ses contributions, spécialement lorsqu’elles nous sont déplaisantes. Penser contre soi-même, en quelque sorte…
« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » arguait le taciturne Guillaume d’Orange. Pour l’heure, il est à craindre que l’aube du millénaire n’apparaisse autrement que sous le jour du crépuscule de l’humanité, et la recherche, par sa servilité inconsciente à l’ordre existant, est, plus que responsable, coupable. Longtemps, l’émancipation inhérente à la Modernité est allée de pair avec le Progrès, particulièrement celui procédant de la Science. Comme l’entonnait Monsieur Teste chez Valéry, « nous nous sommes aimés, nous nous sommes détestés, puis nous avons vieilli ensemble. » pourrait symboliser la fin de cette histoire, entraînant avec elle une Fin de l’Histoire très différente des augures de Fukuyama. Le présent est éblouissant, certes, mais la recherche, ainsi que l’enseignement supérieur, n’ont-ils pas justement pour finalité de transcender cette cécité physique?
     Il eut paru acceptable d’émettre les propositions diplomates du texte proposé à la condition sine qua non d’élaborer un autre scénario, plus intrépide peut-être, mais ô combien plus réaliste, et ce même si, à l’instar des deux versions du Crime de l’Orient-Express, la version simpliste devait immanquablement finir par recevoir les suffrages du Moment.
Les conditions de précarité dans lesquelles sont maintenus les jeunes docteurs sont intolérables. En ce qui me concerne, j'ai sacrifié (et fait sacrifier à mon entourage) énormément de temps et d'argent, pour arriver à mettre en place mes projets de recherche. J'ai fait cette démarche parce que je considère que ces projets vont dans le sens du bien commun (projets divers liés au suivi environnemental) et que d'autres structures que la mienne en ont eu la même analyse. Après plus de 6 ans post-thèse, je suis toujours en CDD-et ce notamment parce que les postes en CDI sur lesquels j'ai candidaté ont systématiquement été ciblés sur des profils hyperspécialisés, au détriment des aspects 'science collaborative et transdisciplinarité' que je développe dans ma recherche au quotidien. J'ai consacré un temps infini à la recherche de financements pour mes projets, souvent avec succès, mais souvent avec, à l'arrivée, des budgets amputés (j'ai parfois reçu 10% de la somme de départ demandée !). A titre personnel, j'essaie désespérément d'acheter une maison et ceci m'est refusé par les banques, non pas pour cause de manque de ressources, mais pour cause de précarité (CDDs souvent entrecoupés de chômage) ... On atteint donc là le paroxysme de l'absurdité... On nous impose la fameuse "approche projet" dans laquelle les jeunes chercheurs sont contraints de baigner - avec le stress et l'inconfort qu'elle génère intrinsèquement pour eux et leur entourage - puis le même système reproche à ces mêmes jeunes chercheurs de s'être lancés dans l'aventure quand même, pour le bien commun... A l'heure actuelle, la France qui nous a formés ne veut pas de nous, c'est triste et décevant !
Merci pour cette analyse et ces propositions qui pourraient redonner du sens à mon travail et de l'espoir pour notre profession. Je fais ce métier de chercheur par conviction et volonté d'investissement dans le service public ; mais le détricotage de la fonction publique continuel me laisse en état de sidération. Si ces propositions sont entendues, nous aurions moins de chercheurs d'or mais plus de chercheurs, tout simplement. Sans compter qu'une partie des emplois créés pour gérer les appels à projet, la réponse aux appels, et la gestion financière des projets, pourraient être redirigés vers des métiers de la recherche. Avec un vrai budget récurent, un sentiment de confiance envers les chercheurs de la part de l'état et vice versa pourrait revenir ? Nous pourrions entretenir le matériel présent dans nos laboratoires et donc ne plus jeter l'argent par les fenêtres, tout en formant les jeunes aux bonnes pratiques. Que d'avancées scientifiques en perspectives !
Je partage pleinement les constats établis par le Comité et souscrit pleinement aux propositions formulées pour développer une Recherche ambitieuse et respectueuse des personnes.
Je m'associe pleinement aux propositions adoptées par le Comité national, que je remercie
Comment faire comprendre à ces gens que la recherche fonctionne dans l'échange et la collaboration et non dans la compétition et l'individualisme ?
Juste un témoignage personnel : comme beaucoup d'autres jeunes chercheurs, je suis contrainte de partir hors de France pour trouver un post-doc. L'attractivité de la France n'est-elle pas actuellement négative ?... Ce n'est plus la fuite des cerveaux, c'est l'exil des cerveaux.
Le CNRS a longtemps été considéré comme la première organisation de recherche en termes d'EXCELLENCE scientifique au niveau mondial, y compris en termes de dépôt de brevets.. Malgré cela, et depuis des années, les politiques menées depuis les années 80 ont souvent promis de soutenir la recherche (et l’enseignement) sans le faire, et même en faisant le contraire. 1. politique financière contrainte inférieure à 1% du PIB: non renouvellement des postes statutaires, diminution régulière des embauches, allongement de la date d'embauche pour un salaire ridicule compte tenu du niveau d'études et d'expérience des candidats en comparaison d'autres ministères, 2. politique contreproductive avec la mise en place de l'ANR (qui coûte plus qu'elle ne rapporte en termes d'excellence scientifique, de perte de temps et de rang du CNRS au niveau mondial), et autres mesures dispendieuses en faveur de l'industrie privée sans contrepartie d'embauche pour "favoriser la compétitivité", quel gâchis de compétences. La compétitivité commence par la recherche, ainsi les lasers utiles partout proviennent d'une recherche CNRS non programmée et qui porte ses fruits de façon inespérée encore aujourd’hui, alors pourquoi ne pas continuer ainsi? Faites confiance aux scientifiques qui ont su gérer le CNRS jusqu'à son niveau d'excellence mondial, et ne continuez pas à le priver de ses moyens humains et financiers qui ont maintenant comme résultat qu'il soit classé à la 7eme place.... Non, les scientifiques ne sont pas incompétents, mais les décisions budgétaires d'austérité indignes de cet établissement de premier plan méritent que des choix décents soient faits pour qu'il retrouve sa première place, fasse prospérer notre industrie, et redonne aux sciences leur attractivité, et refasse de la France un phare mondial.
Peu de commentaires à ajouter, n'ayant eu le temps de lire que les propositions qui me concernent personnellement. Elles rejoignent mes aspirations à titre personnel : devenir IE titulaire ou en CDD longue durée sans devoir être en concurrence avec des docteurs/doctorants en manque de financements, avec des perspectives d'évolution (c'est-à-dire que lorsqu'un recruteur me dit qu'avec 5 ans d'exp IE on peut envisager IR, j'aimerais que ce soit vrai). J'aimerais pouvoir avoir une vie, c'est-à-dire un logement qui soit le même pendant plusieurs années d'affilée qui ne soit pas une colocation, et du temps libre, mais aussi des projets : j'ai renoncé à poursuivre en doctorat après un an de démarchage d'entreprises privées, en constatant un manque de travaux collaboratifs, de moyens, de temps, le peu de possibilités d'épanouissement, et enfin le peu de ressources pour lutter contre la mauvaise santé des doctorants. L'idée de passer IE était de retrouver au moins l'aspect collaboratif – pour l'instant, c'est le cas – pendant quelques années avant de retenter le doctorat. Dans l'état actuel des choses, c'est difficile à envisager.
Bref : j'ai revu mes objectifs professionnels à la baisse malgré plusieurs expériences en master avec des chercheurs estimés et confirmés, qui indiquaient toutes que j'avais quelque chose à apporter dans l'ESR ; et tous mes interlocuteurs – titulaires, doctorants – me disent qu'il ne faut pas avoir de regrets et partir tant que je ne suis pas trop engagée. Ce n'est pas normal.
Quant à l'aspect collectif, je ne peux au stade actuel que constater que mon aide (et celle de mes deux collègues) est précieuse pour la doctorante que j'assiste actuellement, tant considérant les aspects rébarbatifs de sa recherche (transcriptions) que les moments plus réflexifs et stimulants (grâce à notre présence, elle a des interlocuteurs qui connaissent son matériau et sont à même de l'aider à formuler de nouvelles idées). De même pour une autre doctorante que j'ai assistée en freelance avant ce contrat. Ces moyens de mettre en place des dispositifs de recherche collective pour les doctorants, même sur des sessions courtes de quelques mois, devraient être la norme et donneraient une place clef et stimulante aux diplômés de master de recherche qui, comme moi, se voient plus collaborer à différents projets et étendre leur champ de connaissances que diriger leur propre sujet.
Bonne lutte à ceux qui savent se destiner à une carrière entière dans l'ESR ; je n'ai pas assez d'expérience pour commenter plus techniquement les propositions du rapport et je ne peux pas savoir si elles me concerneront un jour.
Je souhaite souligner que l'obligation de paiement des stages de M2-recherche pour des unités de recherche n'ayant pas de crédits pour les payer à conduit, bien évidemment, à une diminution drastique du nombre de stages de M2-recherche proposés et encadrés par les équipes. Par exemple pour une équipe de recherche telle que celle à laquelle j'appartiens, ayant 5 enseignants-chercheurs HDR, le nombre de stages encadrés est passé de 10 par ans en moyenne avant la mesure à 1 ou 2. C'est une baisse drastique du nombre d'étudiants formés à la recherche qui auront le goût d'aller faire une thèse académique ou industrielle. C'est aussi un gaspillage terrible de notre capacité d'encadrement. Notre récurrent équipe ne nous permet même pas de financer un stage. Nos contrats suffisent tout juste à accompagner la recherche de nos doctorants et membres d'équipes.
Les conditions de l'exercice de la recherche en France ne cessent de se fragiliser. Nos conditions de travail ne cessent de se dégrader même pour les titulaires sans parler du statut des plus jeunes en voie de disparition.
Tout à fait d'accord
Plus de contrats doctoraux financés via les bourses ministérielles (exemple 2 bourses / an pour toute notre UMR --> c'est risible) et plus de perspectives d'emploi pour les docteurs.  Conséquence : la France n'est plus en mesure de recruter ni de fournir des emplois aux quelques doctorants formés. C'est ne pas le cas dans les autres pays; nous sommes donc clairement désavantagés sur la scène internationale et perdrons années après années en compétitivité. Nous n'avons plus les moyens humains nécessaires pour mener nos recherches, d'autant que nous devons également financer les stages de nos masters 2.
Cette crise est très grave et doit être dénouée rapidement.
Je suis pour la suppression du HCERES, outil majeur de transformation du jugement par les pairs en évaluation dont les critères sont en partie hétéronomes à la recherche scientifique.
L'ANR ne doit pas voir son enveloppe augmenter, bien au contraire. Le soutien aux laboratoires par des crédits de base récurrents doit permettre au maximum de se dispenser du recours à des projets (dont certaines disciplines ont d'ailleurs beaucoup moins besoin que d'autres), afin que le taux de succès augmente par diminution du recours à ces projets dont on sait qu'ils sont créateurs d'emplois précaires.
Notre laboratoire a votée une motion en ce sens: http://www.labos.upmc.fr/ljp/?article30
Grève d'affiliation : ne plus mettre l'affiliation CNRS dans mes publications.
Je suis choquée par la manière dont la compétition est vue favorable aux travaux de recherche par la ministre ESR Frédérique Vidal. Compétition due aux financements, aux systèmes de notations, et à la pression de publication, entre autres choses.
J'aime la recherche, j'aimerais poursuivre et tenter de m'y faire "ma place" (par l'obtention d'un poste perenne mais pas après 12 ans de post-doctorat). Mais j'ai une vision tout autre de ce qu'on peut vivre au quotidien. Il manque de mélange et de partage dans les sciences. Et cela lui nuit.
Concentrer tous les financements sur les "excellents" est économiquement stupide et conduit à trop de publications. Et si cela continue seul le bruit de fond sera publié, personne n'ayant le temps de vraiment faire de la recherche fondamentale. Darwin, Einstein ils ont mis du temps à soumettre leurs résultats.
Financer la recherche majoritairement par appel à projet est stupide. Le système du NSERC canadien que j'ai pratiqué (3 ans de comité) est beaucoup plus adapté.
J'approuve la motion du CPCN, et j'aimerais formuler ici quelques commentaires en terme
 +) de diagnostic d'attractivité du système français basé sur l'emploi statutaire :
  l'emploi statutaire est un véritable atout pour qui entend mener une recherche scientifique sur le temps long, en atteste le nombre de chercheur-e-s étranger-e-s que les laboratoires français ont intégré. Ayant effectué 2 post-doctorats à l'étranger, j'ai pu noter que l'ambiance au sein de la communauté scientifique française est beaucoup propice à la collaboration que dans les autres environnements scientifiques que j'ai pu côtoyer. Un des points qui me paraît importants est la faible mise en compétition des chercheur-e-s entre eux dans un même domaine qui est garantie de fait par l'emploi statutaire. Cependant, l'augmentation de la recherche sur projet (et de fait la diminution des crédits récurrents) tend, à mes yeux, à menacer cet équilibre subtil entre collaboration au niveau national et compétition à l'échelle internationale.
 +) de diagnostics sur inefficacité de l'incitation à la recherche partenariale avec le CIR comme principal problème : le CIR représentait en 2016 près de 6 milliards d'euros alors que la subvention d'état (SE) pour le CNRS était de 2 milliards d'euros.  Compte tenu des nombreux doutes qui planent sur le CIR comme étant de facto une niche fiscale de plus ne favorisant pas réellement la recherche privée (cf les scandales de Renault, Sanofi pour ne citer que les exemples médiatiques), compte tenu du faible niveau de contrôles pour l'obtention du CIR, et enfin compte tenu de la somme considérable allouée chaque année, il me paraît important d'amorcer une véritable discussion de fond sur le rôle fondamental du CIR. Entre autres, une négociation avec le gouvernement me paraît importante pour qu'une partie non négligeable du CIR (exigeons la moitié, nous aurons peut-être 30%) soit redirigée directement vers le budget du CNRS et des universités (bien qu'évidemment ce combat sera compliqué compte tenu des intérêts privés que le CIR cristallise).
+) de lien avec la réforme des retraites : dans le rapport du troisième comité de travail de la LPPR est clairement inscrit que l'épargne française serait mise à contribution pour le financement des start-up françaises dites "deep-tech" (cf page 26 du document du GT3). Conformément au rapport Tibi, cette orientation s'appuie sur un basculement de l'épargne "sûre" (livrets réglementés, assurance vie en fonds euros) vers de l'épargne plus risquée (assurance vie en unité de compte par exemple). On peut ici voir un lien (ou une cohérence) avec les propositions incitatives à la retraite par capitalisation inscrites en filigrane dans la réforme des retraites. Il convient donc d'être vigilent et de ne pas nier la cohérence néo-libérale de l'ensemble des retraites proposées par ce gouvernement.
+) la mise en place d'une "tenure track" : ayant effectué 3 ans de post-docs à l'étranger (2 ans en Italie, 13 mois en Allemagne)  j'ai pu expérimenter la sensation de précarité qui s'installe d'années en années à mesure qu'on s'éloigne de la fin de sa thèse et que l'on avance vers une échéance plus qu'incertaine en vue de l'obtention d'un poste statutaire. Je m'estime plutôt chanceux puisqu'une 3 ans de post-doc représente statistiquement une période de précarité en dessous de la moyenne avant d'entrée au CNRS qui se place plutôt autours de 5 ans. Néanmoins, si à la suite de cette période on rajoute une "tenure track", qui n'est rien d'autre qu'une période d'essais de 5 ans, on peut se retrouver à près de 40 ans sans perspectives à longs termes cruciaux pour imaginer des projets personnels (pourquoi pas avoir des enfants après tout). Cette tenure track me paraît donc inacceptable, d'autant plus qu'elle est prônée par des personnes n'ayant jamais eu à s'en soucier ou n'ayant parfois jamais eu à travailler à l'étranger pour ne serait-ce qu'un post-doc (par exemple Antoine Petit). De plus, il me paraît important d'insister sur le fait que personne dans le privé n'accepterait une période d'essais de 5 ans. Pourquoi l'enseignement supérieur devrait-il se plier à une règle aussi absurde ? Par passion du métier ? Par manque de sélectivité (en moyenne 6 postes au CNRS par section et 90 candidatures) ?
+) de moyens d'actions : Le texte de lois n'a pas été officiellement publié, mais la lecture des 3 rapports préliminaires ne laissent pas présager une orientation du texte dans la direction des souhaits évoqués par l'ESR. Que faire face à un gouvernement qui peine à déroger de ses logiques néo-libérales, quand bien même elles seraient désapprouvées par une partie non négligeable des "administrés" qui sont les principaux acteurs des domaines en questions ?  La réponse à cette question n'est pas triviale, mais il me paraît claire qu'une logique d'engagements et de conflits est inévitable. Prenons exemple sur l'hôpital public, secteur en lutte depuis bientôt un an contre des coupes budgétaires à répétition. Une partie non négligeable des instances dirigeantes de ce secteur ont purement et simplement démissionné de leurs fonctions administratives (1800 à l'heure actuelle). Il serait peut-être intéressant de s'inspirer de cet exemple dans le cas de l'ESR. Refuser l'évaluation de projets (ANR ou autres) ou de faire remonter des données à l'administration peut faire partie des actions envisageables.
Pourquoi la case "êtes-vous DU ?" est pré-cochée positive et sans possibilité de cocher "Non" ? Il en est de même pour la rubrique ci-dessus "approuvez-vous les propositions du CN" ...
Beaucoup de mécontentements se font jour ou pointent à juste titre sur la LPPR et la future réforme du statut des personnels dans le service public.
Le monde de la recherche et de l'enseignement supérieur est une petite communauté qui ne représente pas un grand poids.
Pour obtenir un rapport de force, il faut trouver un terrain propice à l'élargissement de notre "surface institutionnelle" pour sensibiliser nos concitoyens.
La LPPR n'étant à ce stade qu'un projet, il faut menacer ouvertement le gouvernement d'ouvrir une discussion/négociation rapide des orientations de cette loi, sinon il n'y aura pas de rentrée universitaire 2020-2021. Effectivement, le blocage de Parcoursup, via la non-évaluation ou l'attribution d'une mention identique ("excellente") à tous les dossiers par les enseignants, est un levier très puissant pour un pays qui sacralise à outrance l’obtention du bac.
Parallèlement, il est absolument nécessaire de mener de multiples actions pédagogiques, à la fac, dans les lycées, auprès du grand public et dans les médias pour expliquer la démarche et ne pas se couper des élèves et des familles (qui peuvent logiquement nourrir des inquiétudes).
L'argument de l'autonomie de la science tend à privilégier une vision de la science "objectiviste" et distanciée en partie fausse et problématique. Il serait plus pertinent de défendre une science qui a les moyens de décider avec qui elle peut s'associer ou ne pas s'associer pour produire des connaissances qui peuvent être scientifiquement et/ou socialement pertinentes. cf. les réflexions de I. Stengers à ce sujet.
Oui, soutien sans réserve ... et une recommandation : continuer à lier indissolublement Universités et EPST, en particulier le CNRS ...
Adhésion totale aux propositions
Je partage sans réserve tous les diagnostics et solutions proposés par le document émis par le Comité National.
J'y ajouterais que le maintien de l'attractivité des carrières scientifiques n'est qu'une illusion temporaire liée au fait que nous ne manquons pas de candidats accumulés en une longue file d'attente, très supérieure au nombre de postes; cette file d'attente se réduit cependant par abandon de jeunes chercheurs, confrontés à une probabilité de réussite trop faible au concours- ceux qui restent dedans ne sont pas forcément les meilleurs mais juste ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour un poste permanent (et idéalisent probablement le confort de cette situation)... Nous finirons par sélectionner non sur la science mais sur la dévotion ou l'obstination irrationnelle des candidats (voire pire, leur goût personnel pour la compétition)... Et ce, même si je fais confiance aux sections du comité pour opérer un recrutement réellement motivé par la qualité scientifique..
Le positionnement de la France au travers de ses institutions de recherche dans les classements internationaux, comme celui dit "de Shangaï" (Academic Ranking of World Universities ou ARWU) est une préoccupation constante de nos leaders politiques et des décideurs. Un déclassement pourrait avoir un effet significatif sur le positionnement de ces leaders politiques et des décideurs.
Le score calculé pour ARWU inclus les publications, pour 20%, les articles indexés dans Science Citation Index, et Social Sciences Citation Index et pour 20% les articles publiés dans Nature et Science pendant les cinq dernières années. Il y a là un levier sur lequel nous pouvons peser.
Ne plus figurer notre rattachement institutionnel (ni n°ORCID) dans nos publications rendrait impossible l'affectation de ces publications à une institution de recherche française et sa comptabilisation pour les classements. Cela induirait à moyen terme (selon quelle temporalité ?) une baisse de la notation des institutions de recherche françaises et ainsi un déclassement.
Le délai avant qu'une telle mesure ait des effets mesurables est probablement assez long mais elle peut surtout constituer une menace de mise en œuvre à brandir dont les politiques percevront aisément le risque et qui n'affecte pas notre activité puisque nous pourrions continuer à publier, à pouvoir être évalués statutairement et à déposer sur HAL.
Je remplis ce questionnaire en tant que DU du LIP6 (UMR 7606, discipline informatique) suite à vote du Conseil de Laboratoire exprimant son soutien au texte proposé par la CPCN.
Trois mesures urgentes attendues :
-Redonner aux laboratoires davantage d'ITA (dont les métiers doivent être revalorisés)
-Mieux financer les doctorants, multiplier les contrats doctoraux
-Ouvrir davantage de places aux concours pour répondre à la demande croissante de production de recherche d'excellence
Suite aux "notes" de M. R. Gary-Bobo, réaffirmer notre opposition formelle à la transformation du CNRS en agence de moyen. Maintenir l'absence d'obligation d'enseignement des chercheurs du CNRS : même si la plupart d'entre nous le faisons, il ne faut pas que cela devienne une obligation.
A la page 20 du des propositions du comité national, l'idée de dissuader les recrutements de personnels surqualifiés est louable mais pose un problème de fond : les doctorants et jeunes docteurs nouvellement recrutés sur des fonctions de la BAP J le sont souvent sur des fonctions de niveau IGE, AI, voire T, et cela peut assez aisément se justifier par le décalage entre leur formation et les tâches à accomplir : il s'agit d'un temps d'apprentissage "sur le tas", les formations spécialisées dans l'administration de la recherche étant rares.
Par ailleurs, la surqualification des jeunes recrutés (toute relative sur ce type de postes : parlons plutôt de surdiplômation), notamment au niveau master (cas fréquent des jeunes diplômes recrutés sur des fonctions T ou AI) tient aussi au fait que le diplôme de master est devenu monnaie très courante quand les postes le requérant de manière impérieuse semblent en réalité assez rares. Le phénomène d'engorgement impose soit de cesser l'inflation des diplômes, soit d'augmenter les qualifications requises pour les postes à pourvoir.
Enfin, il me semble important de faire droit à un phénomène totalement invisibilisé : celui de la thèse "loisir". Je ne suis sans doute pas seul à faire une thèse sans aucune intention de devenir chercheur ou enseignant-chercheur. Ma thèse a une fonction émancipatrice sur le plan personnel. Les hauts diplômes (thèse et, dans une moindre mesure, master) ont aussi ce rôle et l'ignorer, c'est réduire la démarche du doctorat à sa dimension "carrière" (voire carriériste pour certains). Pour que le système universitaire ait un minimum de sens, il faut ainsi rappeler qu'il ne se limite pas à former des professionnels (ce qu'il fait d'ailleurs parfois relativement mal comparé aux écoles d'applications), mais qu'il a aussi ce rôle de formation "gratuite" (i.e. sans finalité économique a priori).
Prétendre augmenter le budget alloué à l'ESR par la réaffectation d’une partie des cotisations de retraites que l’État ne versera plus est absolument odieux et inadmissible. Sur le fond. Et sur la forme, par le déni de démocratie.
Je veux vous remercier pour votre intérêt. Je suis vraiment très fier de ça et vais essayer de vous aider et conseiller dans le futur si c'est possible.
Je suis entièrement d'accord sur le fond. Je trouve qu'elles devraient même aller plus loin, 1% du PIB pour la recherche alors que l'État s'est engagé à parvenir à 3% c'est vraiment peu, surtout si le CIR est inclus dedans !
Merci pour votre initiative, j'y apporte mon soutien. Étant donné l'ampleur et la gravité de la situation dans l'ESR, il me semble que cela ne suffira pas. En effet, ce qui est en cause ici c'est le fonctionnement actuel de la recherche et la précarisation grandissante de ce secteur depuis de nombreuses années qui va effectivement empirer avec les réformes. Il faut mettre fin à cette autorisation délivrée aux institutions et organisations de l'enseignement supérieur comme de la recherche d'avoir un recours massif aux emplois précaires qui paupérise une large classe de travailleurs.e.s de la recherche, détruit toute capacité d'innovation scientifique et d'alternative sociale, et anéantit la conception de la recherche comme service public. Le combat est immense mais vous avez la possibilité de faire quelque chose ! Nous sommes nombreux avec vous. Solidairement, Elise Olmedo
Merci pour votre travail et pour ce message fort !
Une diminution statutaire de 64h du volume d'enseignement pour tous les EC afin de promouvoir un enseignement de qualité utilisant les dernières avancées pédagogiques et connaissances. Trop souvent, les EC rognent la qualité de l'enseignement par manque de temps. Associé une véritable évaluation des carrières des EC sur la qualité de l'enseignement. Ne pas promouvoir les EC au poste de professeur dans les cas d'abandon de l'investissement dans l'enseignement mais promouvoir des passerelles vers le CNRS/INRAE/IRD pour ces profils. Investir de l'argent et du temps dans l'Enseignement Supérieur !  Car a force de dire que l'enseignement à l'université est de mauvaise qualité, les EC ont baissé leur niveau d'exigence. Donnons-leur le moyen de l'augmenter !
Le texte est très bien et il est constructif pour d’autres propositions
La LPPR ne doit pas oublier la génération recrutée après la mise en place de l'ANR en février 2005 et de la LRU qui a tenu la baraque "Recherche faite en France" pendant 15 ans sans s'expatrier. 75 % de ces désormais anciens "jeunes chercheurs" (2008-2018 : 20000 en France dont 5000 chercheurs et 15000 enseignants-chercheurs) qui n'ont pas eu de financement type ANR ou Européen (chiffre Syndicat SNCS des jeunes chercheurs) :
https://www.youtube.com/watch?v=Z5fchJYuyEo
Cette génération ne doit pas être une génération sacrifiée. Trop jeune pour avoir connu les crédits récurrents, trop vieille pour bénéficier de la LPPR avec de faibles salaires.
Je soutiens globalement la motion mais je n'adhère pas complètement à tous ces items.
Une augmentation du budget de la recherche est nécessaire.
Les points importants me semblent : l'augmentation des salaires du nouveaux entrants jusqu'aux chercheurs confirmés (cela n'est pas clairement indiqué dans la motion).
Une augmentation des budgets et des taux de succès à l'ANR me semble indispensable. Par contre, les programmes de soutien des organismes semblent désormais dérisoires par rapport aux AO ANR, et européens et pourraient donc être supprimés (perte de temps des évaluations pour des petites sommes) et remplacés plutôt   par un financement de soutien conséquent aux nouveaux entrants.
Néanmoins, je soutiens le statut de Tenure Track, et de CDI long terme
Je suis opposée à la LPPR/
Je tiens à préciser que tout ceci doit également aller de pair avec un accès aux études supérieures gratuit pour tous. Seul l'impôt permet en effet une contribution des ménages à la hauteur de leur revenu et devrait être la source des fonds publics. Sinon les inégalités sociales vont encore plus s'accroitre et les étudiants et futurs chercheurs n'auront pas été sélectionnés sur leurs capacités, leur motivation et leur passion, mais sur leurs revenus et une forme d'opportunité.
Il est nécessaire d'analyser les conséquences de la politique de réduction budgétaire imposée par les gouvernements successifs au cours des 15 dernières années sur le fonctionnement de la recherche française. Pas étonnant que nous soyons maintenant au 7eme rang mondial comme le regrette le PDG du CNRS...
Ces propositions sont le fruit d'une réflexion de plusieurs "professionnels" de la recherche qui sont confrontés, depuis plus de 10 ans, à des réformes de l'ESR dont nous savons aujourd'hui qu'elles n'ont pas eu les résultats escomptés.
Il est temps d'agir et vite si nous ne voulons pas perdre notre attractivité et notre compétitivité au niveau international.
Une nouvelle loi comme celle qui semble se dessiner avec la LPPR serait une catastrophe pour nos métiers, catastrophe difficilement récupérable au regard de l'état de la recherche Françaises et des promesses non tenues depuis trop longtemps (ex: objectif des 3% du PIB pour le budget ESR comme nos voisins Européens, JAMAIS atteint depuis plus de 10 ans de réflexions/ promesses/ gouvernements successifs).
J'adhère à toutes les propositions faites et tiens à signaler l'extrême urgence qu'il y a à prendre ces mesures.
Merci de ne pas opposer Chercheurs et Enseignants-Chercheurs et de veille à la conservation du statut d'Enseignant-Chercheur (en particulier les 192h et la qualification)
J'approuve sans hésitation ni restriction les propositions du Comité National.
Je suis particulièrement sensible aux problème du financement  de la recherche et deux points me paraissent essentiels :
- augmenter significativement les budgets alloués aux organismes afin de leur permettre d'une part d'avoir une stratégie scientifique propre d'autre part d'assurer aux équipes évaluées de façon positive par l'HCERES un soutien de base leur permettant de ne pas être totalement dépendantes des appels à projets.
- revoir le fonctionnement de l'ANR en augmentant de façon importante la part des projets "blancs" et revoir les formats pour permettre plus de souplesse dans l'utilisation des crédits ainsi que le financement de petits projets et/ou projets courts.
Parmi les motions les plus équilibrées que j'ai vu passer, je vous en remercie et appuie entièrement.
Bien d'accord avec le fond. Je me permettrais d'ajouter que les chercheurs devraient refuser (catégoriquement) d'être jugés par la quantité d'argent qu'ils parviennent à obtenir.
J'approuve sans réserve le diagnostic, lequel correspond très justement à ce que je vis au quotidien, de même que les propositions de bon sens émises par le Comité National du CNRS. Le projet actuel de LPPR m'indigne profondément, tant il pousse à aggraver encore la situation actuelle.
Pour peser, il va falloir sans doute menacer réellement de faire la grève du zèle et refuser certaines tâches -participation des élus-nommés aux évaluations HCERES en particulier.
Il est dommage que le CIR ne soit pas évoqué alors qu'il fait régulièrement l'objet de critiques y compris de la cour des comptes.
Le mode de financement actuel et prévisionnel, principalement par projets, est contre-productif car il consomme beaucoup trop de temps d'écriture et de gestion, qui n'est alors pas consacré à produire de la connaissance. Il est également nuisible pour la construction de collectifs de recherches (équipes, unités) autour de projets scientifiques communs, dès lors que chacun se débrouille individuellement pour obtenir des financements indépendants. Cela est tout particulièrement un frein au développement de la recherche interdisciplinaire. Une telle situation est aussi impropre à la continuité des observations à long-terme, à la valorisation des travaux qui s'étalent généralement bien au-delà des projets, et à l'émergence d'idées nouvelles, originales et risquées.
Le turnover des contractuels de la recherche a le même effet contre-productif, puisque ces personnels sont écartés au moment où ils sont les plus efficaces et productifs.
Précision : Je suis directrice adjointe de mon unité sans prime ni pour l'encadrement, ni pour mon travail d'adjoint.
Juste enfin remettre des postes d'Enseignants-Chercheurs et Chercheurs au concours. Des postes de fonctionnaires et non de recrutés temporaires payés au prix plancher (rappelons que pour la fac, le Ministère avait vanté les mérites de cette disposition lors de la loi LRU de 2007 pour faire venir les grands profs et chercheurs américains ou anglais à un prix décent, on évoquait 10 000 euros à l'époque. Rappelons que ce sont les Président.es de l'Université qui décident de ces postes et de leur rémunération (parfois avec le CA s'il fait oeuvre de pseudo-démocratie). Dans la réalité d'aujourd'hui, c'est 1700 euros nets pour les plus chanceux ad vitam eternam. Ils sont MCF contractuel, doivent faire enseignement et recherche mais par exemple n'ont pas le droit à la Prime de recherche. Il n'y a pas de petits profits) ! Donc juste permettre aux jeunes de redonner du sang neuf à nos belles institutions ! Et d'avoir un avenir avec nous. Et puis arrêter de nous dire que nos années d'étude, c'est de la fainéantise, que nous sommes des nantis et donc que nous pouvons travailler encore plus tard ! Car si quelques-uns d'entre-nous ont pu réussir des concours qui leur donne des droits à la retraite très tôt, le plus grand nombre a commencé supposément sa vie active très tardivement. Quand nous avions encore des statistiques, l'âge d'entrée pour un MCF était de 35 ans en moyenne pour l'ensemble des disciplines... Alors, c'est sûr, si ces malheureux s’arrêtent à 62 ans, on a l'impression qu'ils n'ont travaillé que 27 ans, la blague... Avec mes amitiés.
J'adhère entièrement à ce texte remarquable, tant au niveau du diagnostic que des propositions. Je suis enseignant-chercheur et je trouve qu'il manque sans doute une réaffirmation du droit pour les EC à choisir en totale liberté, sans subir aucune pression, le laboratoire où ils vont exercer leurs activités de recherche. La mise en compétition effective des Universités suite à la LRU ayant entrainé des crispations fortes des dirigeants de certaines Universités sur ce point pourtant inscrit dans nos statuts (en plus du poids des restrictions budgétaires pesant sur la liberté du choix des thèmes de recherche, point mentionné dans votre texte). Je conçois bien cependant que le comité national n'est peut-être pas en situation de pointer ce malaise supplémentaire.
- Plus de crédits récurrents et moins d'APPs pour les chercheurs / disciplines qui le demandent
- des crédits qui peuvent glisser d'une année sur l'autre
- Des AAPs moins nombreux, mieux dotés et avec plus de taux de succès.
- des règles d'AAP décidées par tous, et appliquées sur des durées longues (p. ex. 5 ans, consultations et ajustements, puis encore 5 ans),
- arrêt définitif des AAPs sorti du chapeau sans règles précises,
- Des systèmes alternatifs de financement (tirage au sort après passage d'un premier filtre de qualité, renouvellements automatiques de petites sommes si objectifs du premier projet atteints, etc.) décidés ensemble, après débat.
- plus de postes permanents au CNRS, plus de postes permanents dans les  universités.
- suppression de la qualification et de l'HDR,
- plus de clarté sur les salaires au recrutement, salaire de départ un peu plus haut
Il serait intéressant d'organiser des Etats Généraux débouchant sur d'autres propositions associant des associations de la société civile, des élus......: quelle recherche, quelle université dans notre société?
d'appeler à une démission de toutes les fonctions administratives
organiser quelques actions d'éclats à des moments de communication des dirigeants politiques, à l'instar des manifestations d'avocats ou de radio France
D'après moi, parmi les propositions faites par la CP-CN, "la restauration d’un temps professionnel propice à la recherche" (III.8) constitue le cœur de toutes les problématiques. Déjà, actuellement, le taux d'activités de recherche en tant que telles (veille biblio, enquête, traitement, analyse, publication) diminue au sein de l'ensemble de nos "activités de recherche" dans leur ensemble. Nous l'avons évalué à l'UMR ESO à partir d'un questionnaire d'enquête en 2014 et en 2019, en reprenant les quatre mêmes catégories (recherche académique; formation à la recherche; appui à la recherche; interactions avec l'envt soc, eco, cult): sur ces données déclaratives auprès de 100 chercheurs et enseignants-chercheurs, la part de la recherche académique en temps consacré baisse de 46 à 42%, tandis que la formation à la recherche reste stable (18%), l'appui à la recherche augmente légèrement (17 à 18%) et l’interaction avec l'envt augmente (de 15 à 18%). Tant la part relative (42%) que la baisse en 5 ans de la "recherche académique" sont révélatrices d'une tendance révélée aussi par les dires des collègues. Les collègues EC en viennent ainsi à demander à la commission recherche de l'Université des décharges d'enseignement pour pouvoir piloter des gros programmes, car l'inflation des tâches gestionnaires incluses dans ces programmes ne permet plus à ces collègues responsables de programmes d'assurer une contribution scientifique au programme suffisamment dense. Par ailleurs, les collègues chercheur.e.s qui portent aussi de gros programmes (ANR, collaborations internationales...) manquent cruellement de personnels IT stables et à temps plein pour les épauler, outre les quelques vacations et IR CDD qu'ils.ont pu inclure dans le budget du programme. Or, l'accroissement de la modalité de financement des laboratoires sur projets figure dans le rapport préalable à la LPPR du GT1. C'est donc méconnaître les évolutions actuelles déjà pesantes sur les conditions de travail des collègues. J'ajoute que les constats et préconisations faites par la CP-CN sont rejoints de manière extrêmement percutante par les analyses des Labos1.5, portés des chercheurs du CNRS, de l'Inraé et d'autres organismes : ces derniers indiquent qu'au-delà du symptôme de l'impact environnemental des activités de recherche (empreinte carbone des déplacements en avion), il est nécessaire de rechercher les causes de cette empreinte. Au-delà de mettre au point des protocoles d'évaluation de cette empreinte, il s'agit non seulement de se "baser sur un état des lieux et des scénari établis sur une méthode scientifique, mais aussi de mener des "réformes structurelles visant à diminuer la frénésie et à redonner le temps aux chercheurs dans le cadre d’une recherche sobre" (présentation du 24/01/2020, au CNRS - en ligne dans l'Intranet du CNRS - MPR). Il était aussi suggéré de mieux contrôler l'attribution du CIR (conditionnalité environnementale). Ce sont des jeunes chercheur.e.s qui portent cette démarche critique et constructive transversalement à nos organismes de recherche; cela m'a réconfortée.
J'ai livré ici une petite partie de mes remarques. L'UMR ESO avait fait transiter un recto-verso en avril 2019 via l'InSHS vers la direction du CNRS, comme demandé par cette dernière fin février 2019. La majeure partie des propositions des collègues d'ESO qui avaient contribué (essentiellement les CR et DR CNRS) rejoignent celles de la CP-CN de juillet 2019. Nous nous sentons portés par l'analyse et les propositions du CP-CN, qui tiennent compte de ce qu'on appelle les conditions de travail et qui montrent que la CP-CN connaît nos métiers, les collègues et leurs attentes.
Si besoin, je me tiens à disposition pour tout échange complémentaire favorisant une action constructive et déterminée sur le sujet.
Le CNRS a une tradition de collaboration avec les entreprises dans certains secteurs (par exemple en chimie). C'est très bien, mais il faudrait que le terme de 'valorisation' des recherches mis très en avant par la direction et le ministre concerne aussi les liens entre les laboratoires et les associations (de défense de l'environnement par exemple) ou bien avec des collectivités territoriales.
Avec les problèmes financiers que rencontrent la grosse majorité des universités françaises, on coupe dans le vif des heures d'enseignement de façon brutale. Ajouté à cela un management digne de ce qui se passe dans les services d'urgence des hôpitaux, les personnels sont en situation d'épuisement total. Difficile pour ne pas dire impossible dans ces conditions d'attirer des jeunes dans ces métiers !
Merci pour ce beau travail !
Sans réserve, avec l'idée qu'un enseignant chercheur a pour missions principales d'enseigner et de chercher. Depuis 20 ans les politiques successives ont projeté sur ma profession tellement de contraintes que j'ai moins de temps pour enseigner, moins de temps pour chercher, au point que c'en est devenu absurde. Tout cela pour être payé au rabais, et avoir une profession peu écoutée (il n'y a qu'à voir la prise de conscience de l'enjeu climatique par la majorité des gouvernements alors que cela fait 40 ans que les collègues ont lancé les premières alertes). Aujourd'hui, scientifique n'est pas un métier attractif, mieux vaut être banquier ou footballer !
- fin des financements par appel à projets et attributions de ressources récurrentes aux structures de recherche
- fin du recours aux emplois précaires pour pallier aux manques de recrutement
- augmentation des fonds attribués à la recherche à compter de 3% du PIB
- retrait de la réforme des retraites qui en l'état est particulièrement délétère pour les femmes EC, enseignantes ou chercheuses
- reformulation de la réforme du BAC qui augmente la ségrégation sociale
- fin des procédures de sélection des étudiantEs à l'entrée à l'université (parcourSup)
- révision des statuts des université pour une gestion plus collégiale (révision des pouvoirs des Présidents)
Réduire drastiquement le poids d'une bureaucratie hypertrophiée est une urgence vitale pour la recherche personnelle (de terrain, de paillasse, etc) qui est à la racine de tout progrès scientifique. Sans quoi, la dégénérescence paperassière en cours finira par emporter le malade... Mais qui s'en soucie en haut lieu ?!
N'est-ce pas au contraire le but recherché ?...
Au nom de l'équipe du Cired
Il est inadmissible de vouloir reformer aussi violemment la recherche publique et ses agents alors que c'est le moteur de l'innovation de nos sociétés. Mais la vision court-termite des politiques avec que des objectifs électoraux est un fléau sans limites qui n'est même pas contre balancé par les haut-fonctionnaires de l'état et petites mains permanentes des gouvernements qui gèrent les intérêts à long-termes des lobbys.
Il me semble que le CPCN aurait dû exiger une négociation sous peine de ne pas mener le concours 2020 à bien. Aucune autre action ne fait le poids face à de ce réel levier de négociation.
En tant que DR émérite, ancien directeur de mon laboratoire, je peux témoigner des difficultés croissantes que rencontrent mes jeunes collègues, chercheurs et enseignants-chercheurs, pour développer leurs idées et mener à bien leurs travaux. Il faut bien évidemment alléger les procédures de demande de crédits, augmenter les crédits récurrents des laboratoires, favoriser la créativité, même et surtout lorsqu'elle s'écarte des chemins battus, offrir aux C/EC de meilleures carrières. La recherche est une exploration du monde, qui ne doit pas être évaluée à l'aune de ses résultats immédiats.
Non à la mise en concurrence généralisée de nos métiers et de nos vies.
L'état des rémunérations statutaires des personnels de la recherche qui sont dans les cœurs de métiers est indigne et insultant. Pour ceux qui produisent et participent à la production de la qualification (IT) les rémunérations sont une humiliation quotidienne alors que dans les années 80 elles étaient supérieures au traitement de base des fonctionnaires. Cela répondait à des conditions de travail et des métiers ancrés dans la production de connaissances et de savoir-faire qui obligent à des évolutions permanentent des savoir-faire. Les politiques de primes sont en grandes partie absorbées par les fonctions proches des centres de décision et loin des cœurs de métiers de la recherche. Rétablir la dignité des salariés, c'est avant tout reconnaitre et revaloriser avec dignité leurs salaires !
Évoquer le lien recherche/ enseignement, l'importance de la recherche pour former des gens capables de penser, de faire face aux évolutions, de les initier
Évoquer la précarité des personnels
Elles reflètent très bien ma position.
L'heure est évidemment à la cohésion pour nous mobiliser contre ce gouvernement, j'ai donc voté pour cette motion. Néanmoins je reste très amer. Bien que vos "demandes" relèvent du bon sens, votre motion est terriblement faible : elle ne prend pas du tout la mesure de ce qui nous attend, ni l’enjeu de la mobilisation actuelle. Face au triste constat de la situation actuelle vous entonnez une fébrile inquiétude face à LPPR ("orientations préoccupantes" pour reprendre la novlangue précautionneuse utilisée dans cette motion). Nous sommes de nouveau à un stade où les illusions d'un dialogue social règnent : il faut se réveiller, cela n'existe plus, seul le rapport de force par le biais de la démocratie sociale constitue un levier pour empêcher la propagation du néo-libéralisme.
NON, la LPPR n'apportera rien de positif, contrairement à vos dires. Revoyez votre copie en approfondissant le sujet !!! Et si "accroître les taux de succès aux appels à projets de l’ANR" est élément positif, alors celui-ci contredit les revendications contre le financement de la recherche sur projet !  Vous, Présidents --- pas d'écriture inclusive quand seulement 12 femmes présidentes pour 49 sections --- regrettez l'échec des politiques depuis 20 ans pour atteindre le miracle des 3% du PIB dans le financement de la recherche (pour dire par la suite qu'1% ce n'est finalement pas si mal...).
NON la LPPR n'est pas très "vague", elle fixe clairement un cap pour la recherche mais dont les termes et modalités de mises en œuvre sont volontairement peu étayés, car seront précisés par le biais de divers décret et ordonnances, qui ne rentreront JAMAIS dans le débat législatif.
NON la LPPR ne doit pas être isolée. Vous ne faites aucune remarque sur les retraites et l'assurance chômage : c'est honteux et cela constitue une erreur stratégique majeure dans le rapport de force qui s'installe ! Comment ne pas considérer qu'il s'agit d'un projet commun ? Et comment considérer que le CNRS (spécialiste des contrats courts, comme vous le rappelez) n'est pas concerné par ces réformes ? Par ailleurs, pourquoi n'appelez-vous simplement pas au retrait de la LPPR ?
Pour finir, c'est l'ensemble de la communauté scientifique qui doit s'interroger sur sa responsabilité, ou plutôt sa docilité. Par la manière dont nos instances nous représentent, nous sommes également toutes et tous responsables de l'état actuel de la recherche et de son triste avenir.
Ancien DU.
- Objectif du 3% du PIB est insuffisant car il justifie le CIR. Il faut des financements PUBLICS et pas des exonérations fiscales du privé.
- Les financements par appel à projet ne peuvent/ ne doivent être le mode principal ou général de la recherche (et de l'enseignement comme cela se développe déjà). On a déjà oublié comment ça fonctionnait avant l'ANR...
- ON VEUT DES COLLEGUES !!! et pas des temporaires.
- le débat a déjà eu lieu, la consultation auprès de la communauté a déjà permis de montrer que les propositions de la LPPR sont orthogonales aux demandes des chercheurs et enseignants-chercheurs sur le recrutement de titulaires, sur l'augmentation des crédits pérennes aux labo, sur la bureaucratisation de nos tâches...
Il est temps de REDIGER NOTRE PROPRE LPPR !
- Absence de moyen financier pour entretenir/renouveler l’existant ! Ceci vaut aussi bien pour le matériel de base (....chaise - bureau -stylo!  informatique bureautique... à renouveler....) , que pour  le Bâti ( toit, mur..plomberie..Electricité...ça s'entretient..avec un budget)
- Administration lourde - souvent inadaptée car non flexible- basée sur la suspicion . Établir la confiance a priori sur la capacité du personnel (y compris non administratif !) a faire preuve de bon sens.
J'en ai vraiment vraiment vraiment marre des grèves !
C'est une approbation pleine et entière aux propositions du Comité national. Il est essentiel qu'en parallèle de formes de mobilisations militantes (grève des notes, des revues, des procédures d'évaluation) il existe des moyens de pression institutionnels utilisant les circuits classiques de gouvernance et de négociation.
Je me suis demandé si une quantification chiffrée du temps passé à l'écriture et soumission de projet pouvait avoir un certain poids. Par exemple, de 2015 à 2018 (4 ans), j'ai soumis ou participé à 25 demandes de financement (3 financées) pour un équivalent horaire de ~234 jours et financier de 74keuros de salaire chargé (soit plus d'un an de salaire).
Ok mais plutôt qu'un document de 26 pages, lier aussi la synthèse de 2 pages du CPCN, ce sera plus efficace. Comme indiqué dans le document on est en général débordé en temps (page 4, page 7 etc.) et 26 pages de détails à approuver c'est dur.
J'ai été dirigé sur cette page pour approuver la motion du 17 janvier que je soutiens. Je m'aperçois que la question concerne un document beaucoup plus long, qu'il me semble avoir déjà précédemment en grande partie. La motion du 17 janvier a mon soutien entier et le rapport du 4 juillet à mon soutien de principe.
Je partage sans réserve les inquiétudes exprimées dans la motion du Comité National et souscris à ses propositions et à la demande de débat public sur la programmation de la recherche, dans le cadre de l'élaboration de la LPPR.
Je crois qu'il faut rappeler aussi que :
1) Suite au gel du point d'indice, les salaires ont baissé mécaniquement par rapport à l'inflation de 20% depuis 1993 dont 16% depuis 2003 ! donc une revalorisation à 10% ou 20% ne serait qu'un retour à la situation antirieure et donc en rien une augmentation, juste un rattrapage.
2) Il faut obtenir que les ESR se positionnent pour la revalorisation de nos carrières qui permettent de maintenir notre même niveau de retraite dans le nouveau système à points. Sinon, la perte de pension s'élèvera à -36% ce qui est complétement inacceptable et relève de la rupture de contrat
- abandon des CDI de missions scientifiques
- diminuer fortement le rôle et les financements de l'ANR, jusqu'à la fermeture définitive de l'ANR
- évaluation publique du CIR nécessaire pour décider de son financement ou de sa clôture
Et encore : le texte reste timide dans ses propositions de réduction de l'importance du financement par projets. On a fait, jusqu'en 2005, de l'excellente recherche sans Agence nationale de financement. Depuis 2005, l'existence de l'ANR a rendu le système délirant. Il faut supprimer l'ANR et rendre son budget aux organismes de recherche.
Rendre aux instituts de recherche leur autonomie par rapport à l'Université : les chercheurs ne sont pas les supplétifs d'une université à la dérive.
Rendre aux centres de recherche les emplois d'ingénieurs et techniciens substitués depuis des années par des étudiants de mastère et doctorat, à former... pour rien puisqu'ils ne pourront prétendre aux emplois d'ingénieurs et techniciens substitués par les cohortes d'étudiants successives.
J'approuve les propositions du CoNRS clarifiées par la CPCN le 17 janvier 2020 en termes de priorité donnée à l'emploi statutaire et aux crédits récurrents.
Le financement de l'emploi devrait se répartir entre des postes permanents de chercheur.se.s et soutien aux recherches, ainsi que de doctorante.es et post-doctorant.e.s, la fraction des 2nd sur les 1er étant largement insuffisante. L'ANR et les Universités ont un rôle à jouer dans de tels objectifs, mais le CNRS pourrait financer des contrats postdoctoraux comme il le faisait par le passé (sans qu'il faille une collaboration de 20 personnes pour obtenir une ANR avec 2 postdocs).
Rendre aux scientifiques la liberté d'action en fournissant à chacun une capacité financière minimale pluriannuelle. Supprimer le carcan administratif et redonner aux scientifiques le temps d'exercer leur métier et non plus celui des autres (secrétariat, comptabilité).
Il faudrait insister peut-être sur la pression systémique exercée en continu sur les chercheurs et sur l'effet que cela peut avoir sur ceux-ci. France Télécom/Orange a été condammé à plusieurs millions d'euros d'amende précisément pour "pression systémique". Par pression systémique, j'entends la mise en place à plusieurs échelles (Présidence du CNRS (propos sur le "Darwinisme"), relayé par la direction des instituts, sous peine de devoir disparaître (cas de l'INSHS). Cette pression "top down" est néfaste à long terme non seulement sur la santé des chercheurs, mais aussi contraint les personnels à courir derrière de multiples tâches (pour lesquels ils ne perçoivent souvent aucune prime): encadrement de multiples doctorants avec des processus administratifs de plus en plus lourds et obligeant les directeurs de thèse à exercer à leur tour des pressions sur ces mêmes doctorants à finir en 3 ans (même en SHS), obligation de valorisation systématique des activités de recherche, actions vers la société civile (dont l'impact réel reste souvent à démontrer),  activités d'enseignement quasi imposées, course épuisante aux financements, dont les résultats ne sont jamais garantis (anxiogène pour les unités et les personnels), sous financement volontaire de l'institution (les chercheurs ne peuvent disposer d'éléments aussi basiques qu'un ordinateur portable fourni par l'unité pour remplir leurs missions), peu ou pas de primes à l'encouragement et en reconnaissance du travail accompli (ce qui peut se traduire par un sentiment de non-reconnaissance de l'institution). Tout cela laisse très peu de temps aux chercheurs pour accomplir ce pourquoi ils ont été recrutés au départ, induits des facteurs de risques sociaux et psychologiques, et nuit à la créativité et au désir d'entreprendre des projets fondamentaux et à long terme. L'opacité et les politiques sans cesse changeantes de l'institution (CNRS en particulier) crée un climat d'incertitude et de lassitude dans les unités. Tout cela est pesant et peut conduire chez les personnels à une "perte de sens" de leurs missions. Si cette situation se prolonge, il y aurait de quoi nourrir un procès contre le CNRS en particulier pour harcèlement systémique (cf. encore l'exemple d'Orange).
L'habitude a été prise de voir la recherche financée par des appels à projet (ANR, etc).
Si l'idée d'un financement par projets a certainement quelques vertus, il convient d'en restreindre DRASTIQUEMENT la proportion, au profit des financements récurrents des laboratoires.
C'est de l'adverbe en gras que vient la nuance qui 'importe.
- Merci pour cette initiative
- La précarisation très (trop) avancée dans l'ESR n'est pas assez dénoncée. Il y a urgence.
- Le dispositif des TT est bien plus critiquable que cela. Outre le fait de repousser la titularisation, il instaure de facto une nouvelle classe de chercheurs qui ajoutera de l'inégalité de traitement et une mauvaise ambiance dans les labos. Avec la compétition généralisée entre universités, les appels à projets pilotés par les universités décidant des orientations, un pilotage purement budgétaire, il produira (effet recherché) l'extinction du corps des MCF. Enfin avec le Go-No go il serait particulièrement anxiogène pour ces chercheurs pourtant triés sur le volet et assoirait un pouvoir hiérarchique non acceptable. L'attractivité passe par la revalorisation des carrières et l'ouverture de postes pérennes.
Nous souhaitons également bénéficier des moyens nécessaires pour dispenser des enseignements de qualité aux étudiant.e.s inscrit.e.s dans nos formations: stabilité des équipes pédagogiques et administratives grâce à des titularisations, et un temps décent pour la préparation des cours, les corrections, les suivis de mémoire et les tâches de coordination pédagogique (avec pour celles-ci des décharges plus conséquentes).
Le système américain que je connais très bien est un système à ne surtout pas copier. Le système français avec ses emplois permanents est excellent pour la productivité sur le long terme.
La confusion et la porosité croissante entre "recherche" (sous-entendu R&D), visant des résultats rentables et valorisables à court terme, et "recherche fondamentale", qui entretient et fait progresser la connaissance de l'humanité, est au cœur de nos labos, jusque dans la définition de nos projets de recherche.
L'une et l'autre sont utiles, mais elles doivent être clairement identifiées séparément car elles diffèrent dans leurs méthodes, leurs finalités et leur évaluation.
Parmi les propositions, au-delà de la demande d'augmentation des crédits de fonctionnement, une demande de réorientation des crédits accordés à l'ANR ainsi que des crédits consacrés au CIR pourrait être ajoutée.
Les organismes de recherche et les universités pourraient aussi être invités à faire remonter le nombre d'ETP occupés par des précaires, afin de mettre en lumière les besoins pérennes de l'ESR.
Quelle action possible en dehors de cette motion pour éviter la ligne vers où le gouvernement nous entraîne ?
Je ne réponds pas. Je n'étais pas au courant de ces propositions. Il faut que je les lise.
Oui globalement pour l'ensemble des propositions. Un bémol cependant : Ne pas penser uniquement en termes de "jeune chercheur/se" et limiter l'excès de jeunisme. La situation s'étant dégradée depuis une 20aine d'années, il convient aussi de porter attention à ceux et celles qui ont continué la recherche tout en cumulant des CDD (plus ou moins en relation avec leur spécialité et leurs compétences), alors que leur thèse était soutenue depuis longtemps. Ceux-là ne peuvent bénéficier de rien : ils ne peuvent plus prétendre à des bourses ou contrats post-doctoraux (réservés au doctorat + 3, 5 ou 7 ans max.), ni prétendre à des bourses ou des projets dits "senior" (nota bene : dans notre pays on est "senior" de 45 ans jusqu'à la mort). On ne veut plus les recruter non plus car on les considère comme plus assez jeunes ou comme suspects de faiblesse (pour n'avoir pas pu décrocher de poste avant) : "trop vieux" (sic) pour être maîtres de conférences ou chargés de recherche au CNRS. De plus, hypocrisie du système, les concours soi-disant "ouverts" de DR au CNRS ne sont en réalité réservés qu'aux chargés de recherche : c'est un recrutement interne qui ne dit pas son nom. Ces "permittents" de la recherche (dixit Pôle Emploi), qui ont vécu des années en alternant CDD et allocations chômage, vont encore subir de plein fouet dans les prochains mois la récente réforme du chômage qui va réduire leurs revenus, qui étaient déjà faibles, à une peau de chagrin. Et ne parlons même pas de leur retraite (même si encore lointaine, car ils ont encore 15 à 20 années potentielles de pratique de la recherche min. devant eux), qui seront en conséquence. Faut-il en faire une génération sacrifiée ? Les recrutements demandés doivent aussi les concerner.
Cette motion est dangereuse. Elle laisse penser que nos statuts,
nos carrières, nos libertés académiques sont négociables. La
seule réponse aux attaques sans précédent du gouvernement, sur
les retraites et sur le monde académique, est la grève. La grève
totale et illimitée :
- pas d'enseignement,
- pas de recherche,
- pas d'activités administratives.
Nous ne voulons pas de cette future loi. Nous savons que les
projets engagés par le gouvernement sont la destruction de
l'université telle que nous la connaissons, et plus largement de
tout notre modèle social.
Je vous rassure, notre travail n'est pas si important à court
terme, le monde ne va pas arrêter de tourner si nous ne le
faisons pas. Seule la grève est un acte visible et fondateur de
l'action sociale. Seule la grève permet d'avoir le temps
d'organiser d'autres actions de protestation efficaces et encore
plus visible. Seule la grève permet de se battre. Les reculs
sociaux ne sont pas acceptables, la destruction de nos conditions
de travail non plus, le progrès social ne se négocie pas, il
s'exige. Notre responsabilité d'universitaires est envers nos
étudiants, envers nous, et envers la société dans son ensemble,
maintenant et pour les décennies à venir.
Notre devoir est de faire grève.
o Le financement récurrent des laboratoires devrait au moins permettre de financer un stagiaire par CEC par an : c'est là pour le coup un investissement win-win !
o La recherche a besoin de stabilité sur le long terme : nous sommes en train de tout changer de manière irréfléchie avec les fusions d'établissements, de laboratoires. On ne devrait pas permettre aux gestionnaires de la recherche de détruire ainsi l'outil de travail et la force de travail (qui fait la recherche pendant le temps consacré à élaborer l'Université Paris-Saclay, élaboration qu'il faut revoir quelques années après ?). Il faudrait là un vrai contre-pouvoir contre ces abus des gestionnaires (directeurs d'instituts du CNRS, présidents et doyens d'université), les remettre au service de l'intérêt collectif, pas du pouvoir politique qui, manifestement, ne s'en préoccupe pas ou plus ou si peu.
Quelques réticences sur les disparités de statuts entre les personnels. Tout le monde contribue et est indispensable à la Recherche, donc les différences de catégories, de classes, d'ingénieurs de recherche, d'assistant de recherche gagnerait à être estompées, en particulier au niveau des statuts sociaux et des salaires.
Merci pour votre action.
En ce qui concerne les étudiants en Master 2 qui représentent le contingent de nos futurs doctorants : un stage est obligatoire dans le cadre de leur cursus pour valider le Master II. Très souvent, ces étudiants effectuent leur stage dans un laboratoire de recherche public. Dans ce cas, il semblerait normal que la gratification minimale obligatoire imposée pour ce stage également OBLIGATOIRE soit automatiquement acquise par l'étudiant qui a été accepté en Master 2 et non pas prise sur les crédits des laboratoires qui veulent bien les accueillir. Avec notre système nous sommes la risée de nos collègues à l'étranger pour lesquels les étudiants de master sont des éléments essentiels au bon fonctionnement de la recherche et en matière de formation. Cela serait également un gage de qualité en matière de formation car le temps consacré à leur formation serait de fait volontaire. Actuellement, seuls les laboratoires ayant des sources de financement peuvent accueillir des étudiants de Master 2.
Je trouve que les prises de positions contre le CIR ne sont pas assez offensives alors que ce dispositif est la pierre angulaire de l'affaiblissement du financement de la recherche publique. J'aurais aimé que la politique de site du CNRS soit également critiquée plus clairement
le moment venu, comme vous le suggérez lorsqu'il faudra passer à des actions plus fortes, il nous faudrait bloquer aussi le fonctionnement de HCERES, càd convaincre les collègues qui organisent les comités...
On a un long chemin à (re)faire ... allons-y !
merci et bon courage
R
Le combat recommence et la situation empire. J'ai été une des nombreuses personnes impliquées lors du mouvement sauvons la recherche en 2004.
Retraité, mais quand on est scientifique, on ne l'est vraiment jamais, je suis prêt à me mobiliser à vos côtés contre la LPPR.
Cordialement.
Je soutiens les motions du CPCN, pas nécessairement les propositions du CN
Quelques mots sur l'articulation recherche/enseignement supérieur m'auraient semblé bienvenus ; justifier l'effort de recherche par la sérendipité, c'est un peu taper en touche.
Globalement oui (en particulier sur le financement sur projet, terriblement destructeur de créativité (cf les fameux "délivrables"... on sait déjà ce qu'on va trouver !)
Une petite restriction sur l'emploi à vie (même si je suis opposé à la CCDisation actuelle à outrance): pas de CR à vie si pas passé DR à disons recrutement + 10 ans
le 4 juillet j'y étais personnellement.
suggestion : faire une version anglaise de la LPPR (actuelle) à diffuser à nos collègues étrangers afin qu'ils captent la considération de nos dirigeants pour la recherche.
rien de plus sinon stopper la dérive de financement sur projet à la fois dans la recherche et l'enseignement supérieur; allouer des vrais moyens de soutien aux EC dans les universités pour stopper la dérive administrative de nos fonctions; redonner du temps au temps aussi bien en recherche que dans la pédagogie avec de vrais "tutorats" pour les étudiants
Le sous financement de la Recherche et la compétition de tous contre tous favorisent le développement de la fraude scientifique et de l'exploitation des plus jeunes et plus précaires par des seniors ambitieux et narcissiques.  Ces dérives de la Science sont portées à la connaissance du grand public. Ceci, ajouté au travail de sape des données scientifique par les lobbys pour défendre leurs seuls intérêts financiers, a conduit à dévaloriser le capital de confiance qu'avait constitué la Science depuis plus de 4000 ans. Le relativisme généralisé joint à l'accès de plus en plus inégalitaire des masses a l'éducation et aux services, a favorise le populisme. Ce n'est plus la raison qui préside à la décision politique mais au contraire, l'impulsion et l'incompétence revendiquée, appuyé par la dictature des masses contre le droit.
La lutte contre de changement climatique ne se fera pas sans investissements urgents dans la science, l'information, et l'éducation populaire.
Je soutiens ces propositions en appuyant notamment sur la situation des doctorant.e.s non financé.e.s - ce qui est très courant en SHS - qui outre les tâches liées à leur recherche, sa diffusion et l'enseignement doivent avoir un emploi "alimentaire" et / ou passer un temps considérable à rechercher des financements autres que contrats doctoraux. C'est une situation de grande précarité qui dure plusieurs années.
Par-dessus tout, le maintien du statut des enseignants-chercheurs titulaires me semble vital pour un enseignement universitaire de qualité et pour susciter des vocations chez les jeunes.
je m'exprime au nom du Conseil de Laboratoire du LPENS qui a voté à l'unanimité moins une abstention le soutien à la motion de la CPCN.
La recherche a besoin de temps et de stabilité.  La nécessaire prise de risques n'est tenable pour les acteurs de la recherche que si par ailleurs ils bénéficient d'une certaine stabilité dans les moyens et les équipes de collaborateurs. Aux limites de la connaissance, les sujets de recherche sont en fait les innovations majeures : un pilotage de la recherche ne peut que sélectionner sur les sujets d'hier, et non promouvoir les sujets de demain
Je n'en avais pas pris connaissance à l'époque, je viens de les regarder. Et effectivement je trouve très inquiétantes les tendances et propositions émanant des gouvernements successifs concernant la gestion des RH, la précarisation/contractualisation des personnels, et l'augmentation du financement par projet (ce qui n'empêche que le financement par projet puisse être intéressant par ailleurs, pour des projets ponctuels). Sans parler du risque de suppression du référentiel de 192h pour les EC...
Il faut être plus explicite sur les actions à entreprendre, si on veut vraiment être entendu. Il faut aussi être prêt à sacrifier un peu de notre "confort" pour faire entendre notre voix et obtenir des garanties pour l'avenir de la recherche publique en France. La LPPR qui se prépare est très grave, les restructurations dans l'ESR aussi. Il faut agir maintenant, avant que la loi voie le jour, pour ne pas être contraint de se mobiliser toujours "contre" quelque chose.
Point de vue personnel :
Ayant signé les divers manifestes et tribunes pour soutenir un mouvement croissant contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), je suis indigné par l’orientation que le gouvernement souhaite donner à la recherche en France. En plus de la tribune au « Monde » je souhaite partager quelques points (non exhaustifs) de réflexion.
Un premier point me choque dans le constat fait par les groupes de travail permettant d’échafauder la LPPR : la France n’est pas compétitive sur le plan mondial. Deux choses, l’une j’aimerai voir des faits vérifiés démontrant cette perte de « compétitivité », et l’autre la recherche ne doit pas être vue comme une compétition à mon sens mais plutôt comme un objectif mutuel et solidaire vers le progrès. Par rapport à la perte de « compétitivité », la métrique utilisée semble être le nombre de publications annuelles. Comme dit dans la tribune au Monde, il existe une forte corrélation entre nombre de publications et argent investi. De plus j’aimerai ajouter qu’un nombre de publications par pays est aussi proportionnel à la population du pays : comment publier plus ou autant que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde ? Dans le tableau ci-dessous, il est évident que c’est une course perdue d’avance quand on voit la progression de pays comme la Chine ou l’Inde. Enfin, le nombre de publications n’est, selon moi, pas un critère suffisant permettant d’évaluer la qualité de la recherche scientifique.
Actuellement, la France investit 2.2% du PIB dans la recherche, et non 3% comme l’Union Européenne le préconise. Une part non négligeable n’est pas utilisée pour la recherche au sens strict (crédit d’impôt recherche). Malgré des moyens financiers aussi limités, il est intéressant de constater que la France est bien placée au niveau mondial, et même devant des pays anglo-saxons. Quant au CNRS, il n'est pas seulement le premier institut de recherche français, mais il rayonne également sur la scène mondiale, se classant dans le top 3 des catégories sciences physiques, sciences de la Terre et de l'environnement, et chimie, et se classe même quatrième dans le top 100 des institutions mondiales pour 2018 (sensu natureindex.com). Si la France n’est pas au premier plan mondial pour nos politiciens, et encore une fois en considérant les moyens investis, je souhaite voir les données et informations de nos politiciens et décideurs pour démontrer la perte de compétitivité.
La LPPR veut donner plus de poids à l’Hcéres. Soyons clair, je suis pour une évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs, bien que je doute que l’Hcéres soit capable de déceler puis corriger les éventuels problèmes au sein d’un laboratoire. La France pourra mettre tous les moyens en place pour déceler les tricheurs/parasites/mauvais élèves, nous savons que dans tout système il y en a et en aura probablement toujours. Au contraire, je suis pour une évaluation sous une forme bien plus allégée qu’elle ne l’est actuellement afin de (1) faire gagner du temps à tout le monde (évalués et évaluateurs) pour faire de la recherche, et (2) faire des économies à réinvestir dans la recherche elle-même. Selon la direction de l’ISEM, la seule rédaction du rapport Hcéres a été estimée à plus de 100 000 euros (temps en salaire passé à compiler les informations et rédiger le rapport). Une telle somme est l’équivalent d’une bourse de thèse ! Quand on sait que les étudiants sont les moteurs de la recherche… D’autre part, l’Hcéres possède un budget annuel d’environ 17.5 millions d’euros (moyenne sur trois ans, sensu le Rapport d'activité 2018 du Hcéres, p. 46). Lors de la venue du comité Hcéres pour l’évaluation de mon unité, l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM), le représentant Hcéres (Pascal Simonet) nous a confié, lors de l’entretien jury – chercheurs et enseignants-chercheurs, que le budget de l’Hcéres est de 25 millions d’euros par an. Demandons-nous que pourrait faire la recherche de, disons, 17.5 millions d’euros par an ? Par exemple recruter des chercheurs ou enseignants-chercheurs afin de remettre la France au premier plan mondial et pallier au manque crucial d’enseignants-chercheurs dans les universités françaises. Faisons un calcul simple. Je considère ici un salaire chargé moyenné sur l’ensemble d’une carrière d’un chercheur/enseignant-chercheur à 5000 euros par mois (je n’ai pas trouvé de chiffres clairs et précis). Je considère aussi une carrière de 45 ans. Ainsi avec 17.5 millions d’euros, nous pourrions recruter 6.5 chercheurs/enseignants-chercheurs par an (=17.5 millions/5000/12/45). Cela pourrait rendre moins précaire notre système actuel. La tendance actuelle du recrutement est clairement à la baisse et cela en devient dramatique, notamment dans les universités où les enseignants-chercheurs sont débordés : régime de plus de 300, voire 400, heures au lieu de 192 heures prévues, des charges administratives croissantes, et en conséquence un temps réduit pour faire de la recherche.
Paradoxalement, la recherche en France est le secteur de la fonction publique le moins bien payé malgré des formations longues et poussées (Bac +8 à Bac +15), souvent accompagnées de nombreux sacrifices personnels. La LPPR veut revaloriser les salaires des chercheurs et enseignants-chercheurs ainsi que des étudiants-chercheurs (doctorants – post-doctorants). Cependant, une telle revalorisation n’est pas concevable si la France ne souhaite investir que 3% de son PIB dans le budget de la recherche. Je ne pense pas que nous nous plaignons des salaires, mais plutôt des conditions de travail qui entravent le progrès scientifique avec des moyens financiers limités, des locaux délabrés, un manque crucial de soutien technique, des tâches administratives croissantes, etc. Il faut faire confiance aux chercheurs et enseignants-chercheurs qui ne font pas de la recherche pour l’argent, mais par passion et sont donc très motivés pour conduire des recherches scientifiques ambitieuses. Nul besoin d’ajouter plus de compétition, de précarité, ou d’évaluation qu’il n’y en a déjà. La recherche française est excellente et brille à l’internationale.
Fabien Condamine, chercheur au CNRS
Il y a un manque énorme de postes de titulaires afin d'accomplir les missions d'enseignement de l'université, aussi ne faut-il pas développer des tenure tracks et autres postes précaires, qui ne seront pas plus attractifs et continueront de précariser les jeunes enseignant⋅e⋅s et chercheurs.
Soutien total à l'unanimité de la CPCN
Il faudrait changer le système de recrutement et d'évaluation en profondeur et investir plus d'argent dans la recherche.
Faire la grève des fonctions administratives peut être un bon levier?
En tant qu'élue CAP, je regrette amèrement que les représentants du personnel "IT" ne soient plus consultés pour les campagnes d'avancement. C'est un grave recul pour le personnel.
- La vraie action qui pourrait faire bouger les choses serait un refus massif d'évaluer les projets, les labos, les chercheurs, les EC, etc.
Mais comme il y aura tjrs des collègues pour ne pas refuser, c'est illusoire... Mais si déjà une bonne partie d'entre nous refuse ces tâches, on rendra le travail plus compliqué à faire - et nous serons nous-même un peu moins sous pression
- Autre action, vers les média : à chaque fois que l'un.e de nous est invité.e à parler dans les média, commencer en indiquant que nous sommes en grève et dire en qq mots pourquoi.
- Demander à un.e député de mettre ce point à l'OJ d'une des séances du mercredi, questions au gouvernement,
- Pour les DU : répondre qu'on ira à la réunion annuelle de notre Institut et, très très massivement, ne pas y aller et envoyer ce jour-là une lettre à la Dir. de l'Institut expliquant pourquoi.
Merci de l'initiative
Le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche ne peut pas accepter le tour de passe-passe qui consiste à décréter une large consultation de la base pour n'en reprendre ensuite aucune des revendications et conclusions, rappelées ici par le Comité National. Il est en effet crucial de rappeler que la recherche française est anormalement performante compte tenu de son faible financement public. Ce succès tient essentiellement à sa spécificité (postes statutaires, crédits récurrents) par rapport aux autres systèmes d'inspiration anglo-saxonne, que le gouvernement semble maintenant vouloir détruire au nom de l'adhérence à de prétendues 'bonnes pratiques internationales'. Loin de faire gagner des places à la recherche française dans la compétition internationale, la destruction de cette spécificité lui lui retirerait sa performance et le ferait régresser vers la place qui lui est destinée compte tenue de son sous-financement chronique.
Je suis d'accord sur tout, sauf un point : c'est vrai que les rémunérations des personnels scientifiques sont faibles en début de carrière. Mais la rémunération est une motivation importante dans l'industrie et dans le secteur privé, beaucoup moins dans la recherche publique. Ici c'est bien plus important avoir les moyens pour bien travailler et surtout avoir une position CDI pas trop tard pour pouvoir viser des projets ambitieux à très long terme. La rémunération doit par contre progresser au cours de la carrière sans situations de blocage.
La diminution des crédits récurrents des labo est une erreur politique dans un pays qui se prétend être une "grande nation". La liberté de la recherche est une condition de sa qualité, et le pilotage bureaucratique n'a pas démontré sa capacité à produire les connaissances nécessaires à l'avancement de la science.
Le "gel", c'est-à-dire la suppression de très nombreux postes est une catastrophe, pour nos jeunes docteurs, pour le renouvellement de la recherche et pour l'encadrement des étudiants.
Il faut veiller à ne pas aller trop loin en ce qui concerne l'augmentation du nombre de postes. Il est en effet primordial de retrouver un bon équilibre entre les coûts en personnels et les dotations (le pire serait d'augmenter le nombre de postes sans qu'une augmentation significative des dotations soit obtenue). La proposition est peut-être correctement dimensionnée mais il est difficile d'en juger sans connaître la situation dans les quelques pays cités comme références.